Les grands orchestres, les diverses influences de style, et les musiciens qui ont marqué l'histoire du tango

Les grands orchestres de tango ont quasiment toujours été l'affaire d'une vie et souvent d'un seul homme. Un tableau réalisé par L'Academia Nacional del Tango de Buenos Aires, résume les grandes lignes et influences de ces grands musiciens.

Lors de mes voyages, j'avait pris quelques photos, certes guère exploitables, mais après  un petit (!) travail de reconstitution...

Cliquez sur l'image du tableau, ci-dessous,  pour l'agrandir

histoire du tango grands orchestres

Ci-dessous quelques résumés de la vie de ces grands musiciens dont le style a marqué l'histoire du tango, classés à gauche, première colonne descendante, puis seconde, dans l'ordre sensiblement chronologique du tableau.

Partie 1

Partie 2

 

Par ordre alphabétique

  Enrique Pedro Delfino   Jose Basso     Balcarce, Emilio   Láurenz, Pedro
  Osvaldo Fresedo   Alfredo Gobbi     Basso, Jose   Lomuto, Francisco
  Roberto Firpo   Osvaldo Pugliese     Biagi, Rodolfo   Maderna, Osmar
  Francisco Canaro   Emilio Balcarce     Calo, Miguel   Maffia, Pedro
  Juan Carlos Cobian   Domingo Federico     Canaro,  Francisco   Mancione, Alberto
  Francisco Lomuto   Rodolfo Biagi     Cobian, Juan Carlos   Marcucci, Alfredo
  Julio de Caro   Horacio Salgán     D'Agostino, Angel Mederos, Rodolfo
  Miguel Calo   Florindo Sassone     D'Arienzo, Juan   Mores, Mariano
  Pedro Láurenz   Astor Piazzolla     De Angelis, Alfredo   Piazzolla, Astor
  Pedro Maffia   Hector Varela     De Caro, Julio   Pugliese, Osvaldo
  Juan de Dios Filiberto   Mariano Mores     Delfino, Enrique Pedro   Quinteto Real
  Alfredo Marcucci   Alberto Mancione     Demare, Lucio   Racciatti, Donato
  Juan d'Arienzo   Donato Racciatti     Di Sarli, Carlos   Salamanca, Fulvio
  Ricardo Tanturi   Osmar Maderna     Donato, Edgardo   Salgan, Horacio
  Edgardo Donato   Atilio Stampone     Federico, Domingo   Sassone, Florindo
  Angel d'Agostino   Quinteto Real     Federico, Leopoldo Sexteto Major
  Alfredo de Angelis   Fulvio Salamanca     Filiberto, Juan de Dios Sexteto Tango
  Carlos di Sarli   Leopoldo Federico     Firpo, Roberto   Stampone, Atilio
  Lucio Demare Rodolfo Mederos     Fresedo, Osvaldo   Tanturi, Ricardo
  Anibal Troilo Sexteto Tango     Gobbi, Alfredo   Troilo, Anibal
  Orlando Goni Sexteto Major     Goni, Orlando   Varela, Hector

Ce ne sont que de petits résumés, pour des informations plus complètes et plus précises, sur ces orchestres ou d'autres musiciens, n'hésitez pas à nous contacter, grosse bibliothèque à votre service : contact (arobase) el-ingeniero.fr

Et pour parcourir une discographie générale également résumée, mais permettant d'écouter quelques morceaux : cliquez ici

Jose Basso

histoire du tango jose basso

Jose Basso ( Pergamino (Buenos Aires) 13/01/1919 - Buenos Aires 14/08/1993) : compositeur de tango, pianiste et chef d'orchestre.

Il étudie avec Margarita Solano, et obtient son certificat supérieur de musique, solfège et piano, à l'âge de 12 ans. Il commence très jeune à jouer en public dans un trio constitué de jeunes ados, il avait tout juste 16 ans (d'autres disent que c'était un quatuor et qu'il avait seulement 13 ans).

A 17 ans, il  commence à jouer dans les orchestres d'Emilio et José de Caro en remplaçant le pianiste Hector Grané. En 1937, il rejoint la formation du bandonéoniste Francisco Grillo puis celle de son collègue José Tinelli. Un an plus tard, il forme le trio musical Gallardo-Ayala-Basso, et joue dans les orchestres d'Anselmo Aieta, Antonio Bonavena et Alberto Soifer.

En 1943, il entre dans l'orchestre d' Aníbal Troilo et est le pianiste de Pichuco jusqu'en 1947, année où il débute sa carrière avec son propre orchestre.

Avec Anibal Troilo renforça son expérience, participant avec lui à 88 enregistrements. C'est cette période qui lui conféra ce style très proche de celui de son maître, évoluant ensuite pour créer son identité propre par l'originalité de ses arrangements. Il composa plusieurs thèmes, mais ce sont ses interprétations qui firent sa réputation. Il arrivait même à faire danser sur des thèmes avant-gardistes de Piazzolla, comme “Para lucirse”, “Prepárense”, “Triunfal”, ou l'incontournable “Adiós Nonino”.

Plusieurs chanteurs de renom passèrent dans son orchestre, Ricardo Ruiz, Francisco Fiorentino, puis Jorge Durán et Oscar Ferrari. En 1949, il enregistra l'album Claveles blancos avec Floreal Ruiz. Il nous laissa 257 enregistrements, fit de nombreux passages à Radio Belgrano et effectua une tournée en 1967 au Japon, où le succès fut au rendez-vous.

En 1985 il reçut le prix Konex del Mejor director de Orquesta Típica.

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Alfredo Gobbi

histoire du tango alfredo gobbi

Alfredo Gobbi ( Paris 14/05/1912 - Buenos Aires 21/05/1965) : compositeur de tango, violoniste et chef d'orchestre.

Alfredo Gobbi est né à Paris. Son père était Alfredo Eusebio Gobbi considéré comme un pionnier du tango dans cette ville, sa mère était la chilienne Flora Rodríguez de Gobbi et son parrain baptismal était Ángel Villoldo . Initialement formé au piano, il préfère le violon et se forme au Conservatoire Falconi, à l'âge de 10 ans. Parallèlement pour se faire un peu d'argent et aller écouter Julio de Caro, il travaille comme "canillita", petit vendeur de journaux. A 13 ans il commence à jouer dans un petit orchestre et fait ses débuts dans un bar du quartier de Chacarita. Il s'agit d'un trio, dont un des autres membres n'est autre que son ami Orlando Goñi.

En 1926, il compose son premier tango, Perro fideles , et un an après, il joue dans l'orchestre du Teatro Nuevo, dirigé par le maestro Antonio Lozzi.

En 1929, il remplace temporairement le violon par le piano pour jouer en solo les après-midi du « Metropol ». Il passe ensuite par les orchestres de Juan Maglio Pacho, Roberto Firpo , Tirigall, Manuel Buzón , Anselmo Aieta , Pardo, et les orchestres d'Avile et d'Antonio Rodio. A noter son passage dans le sextet d'Aníbal Troilo, puis le duo avec Osvaldo Pugliese , les orchestres de Pedro Laurenz où il était premier violon, celui de Joaquín Do Reyes , de Balliot à Montevideo et celui de Pintín Castellanos.

alfredo gobbi tangoEn 1942, il forme son premier orchestre, qui fait ses débuts au cabaret Sans Souci de l'avenue Corrientes. En 1945 il débute à la radio et en 1947 fait on premier enregistrement avec RCA Victor. Son style initialement proche de ceux de De Caro et Di Sarli, se démarque par la finesse de ses arrangements. Comme son ami Orlandi Goñi l'a inventé, son pianiste use de la "marcación bordoneada", la marquation perlée ou à la marge, un jeu spécifique de la main gauche. Au violon il utilise le "portamento", une technique de liaison des notes apparentée au "glissando" mais légèrement différente. De par son style délicat et subtil, il reçu le surnom de "Violon romantique du tango". Parmi ses compositions ont retiendra "A Orlando Goñi", que l'on peut écouter au paragraphe qui lui est consacré, "El Andariego", "Tu angustia a mi dolor", "Un tango para Chaplin", et la milonga "A mis manos". Il participa également à trois films : Barranca abajo (1937), Amalia (1936) et Loco lindo (1936). Ecoutons "El Andariego" :

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Osvaldo Pugliese

histoire du tango osvaldo pugliese

Osvaldo Pugliese ( Buenos Aires 02/12/1905 - Buenos Aires 25/07/1995) : compositeur de tango, pianiste et chef d'orchestre.

Né dans le quartier de Villa Crespo, son père et ses deux frères aînés sont également musiciens. Il étudie la musique au conservatoire de son quartier, commençant par le violon, mais s'orientant très vite vers le piano. Il débute en trio dans le Café de la Chancha, littéralement le café des cochons, tant le lieu était réputé sale, et son patron aussi...

Heureusement, très vite il fait ses débuts dans un orchestre, dans lequel la directrice Francisca Cruz Bernardo , plus connue sous le nom de " Paquita" , ou "La Flor de Villa Crespo" , en fait la première joueuse de bandonéon du pays ! Plus tard, en 1924, il intègre le quator d'Enrique Pollet, et arrive chez les grands : Roberto Firpo et, en 1926, Pedro Maffia.

Il réalise son rêve en 1929, et crée son propre orchestre.

La première tentative est un peu un échec. Pourtant tout avait bien commencé avec un énorme succès au Café Nacional, mais la tournée qui s'en suivit fut un désastre financier. Osvaldo Pugliese est contraint d'abandonner et de jouer dans les formations d'Alfredo Gobbi, Roberto Firpo et Miguel Caló, entre autres. Mais Pugliese n'abandonna jamais son rêve et c'est ainsi qu'en 1936 il crée un sextet et fait ses débuts sur la célèbre avenue Corrientes , au Germinal. Il présente son orchestre, lui-même comme directeur et au piano, au Café El Nacional le 11 août 1939. Le succès va durer 55 ans et partout dans le monde !

Durant cette période, " Don Osvaldo " comme on l'appelait par respect, a composé plus de 150 morceaux, certains très célèbres comme Memoria , La Beba , Negracha , Malandraca et le plus connu, La Yumba enregistré 21 Août, 1946 chez Odeon. Il a également enregistré plus de 600 titres d'autres auteurs. Ecoutons la version de La Yumba de 1952 :

             

Plusieurs grands chanteurs sont passes dans son orchestre : Roberto Beltrán , Roberto Chanel , Alberto Morán (de 1945 à1954), depuis 1944, Jorge Vidal , Jorge Maciel , Miguel Montero , Alfredo Belusi , Adrián Guida et Abel Córdoba , ce dernier ayant chanté pendant plus de 30 ans dans l'orchestre.

osvaldo puglieseLe style de Pugliese est dit " decareano", en référence à celui de Julio et Francisco De Caro. On le reconnait facilement par sa puissance, son côté très percussif, l'utilisation du Rubato qui consiste à ralentir puis accélérer certaines notes, et une polyphonie très travaillée. Il utilise aussi la syncope (mais attention dans le tango, comme dans le jazz, la syncope consiste en une note ou un battement tombant à un endroit inattendu, ou le fait de marquer un temps faible ; ceci est différent de la définition utilisée en musique classique et que l'on trouve par contre dans le 3-3-2 de Piazzolla). On ne danse pas sur Pugliese avec n'importe quel partenaire...

Osvaldo est apparu dans plusieurs films, dont " Tangos, l'exil de Carlos Gardel " de Fernando Solanas en 1985, Prix spécial du Festival de Venise, et où on le voit jouer La Yumba au Bataclan. Il remporta trois fois le Prix Konex, fut le premier à jouer au Teatro Colón, pour ses 80 ans toujours en 1985. Célébré dans le monde entier, il reçut de nombreuses récompenses et décoration :  la ville de Buenos Aires , l'a déclaré Citoyen illustre en 1986 . En 1988, c'est le gouvernement français qui le nomme Commandeur des Arts et des Lettres.  En 1990 , il reçoit le titre d' Académicien Honoraire de l' Académie Nationale de Tango.

Très engagé dans le développement de la Sadaic, le syndicat des auteurs-compositeurs argentins, il l'était aussi politiquement. Membre du parti communiste, il fut interné plusieurs fois sous Perón, et ceci arriva jusqu'en 1957. Il fut même interdit de radio et parfois la police venait pour l'arrêter en plein concert. Conformément à ses idées, il était le seul à partager les gains de l'orchestre, à parts égales entre lui et ses musiciens. Ceux-ci, lorsqu'il était en prison, refusaient de le remplacer, et le piano restait vide, avec juste une rose (ou un œillet) posée dessus.

osvaldo pugliese la rosa estacion subte malabia pugliese station de metro osvalso pugliese

En 1989, les habitants du quartier Canning, épaulés par les admirateurs de Pugliese, firent une pétition pour changer le nom de la station de métro Malabia de la ligne B, en station " Malabia - Osvaldo Pugliese". A l'extérieur l'orchestre est reconstitué en grandes figurines, et un buste d'Osvaldo occupe le premier plan. Sur les plaques honorifiques qui l'entourent, on peut voir à quel point l'homme est adulé : coexistent, côté à côte, aussi bien celle du Parti Communiste, que celle de la Banque Creditcoop. Le 20 Aout 2005, le journal l'Humanité titrait en France " Osvaldo Pugliese, l'œillet rouge du génie " !

Negracha                                                                  Recuerdo

             

Le 25 juillet 1995, Osvaldo Pugliese nous quitta et ses obsèques donnèrent lieu à de véritables funérailles nationales.

Il est totalement inconcevable, encore aujourd'hui à Buenos Aires, comme ailleurs dans le monde, de ne pas faire figurer au moins une tanda de Pugliese durant une soirée tango, quelque soit l'âge ou le style de la clientèle.

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Emilio Balcarce

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Emilio Balcarce ( Buenos Aires 22/02/1918 - Buenos Aires 19/01/2011) : violoniste , bandonéoniste, chef d'orchestre , arrangeur et compositeur.

Il commence par la mandoline, puis étudie le violon de 7 à 13 ans, et, outre le solfège et l'harmonie, il étudie, chose rare, le contrepoint, et même la fugue classique. En 1935, âgé de 17 ans il rejoint l'orchestre de Ricardo Ivaldi. Cinq ans plus tard, il écrit les arrangements et dirige l'orchestre d'Emilio Orlando. Musicien éclectique, il bascule vers le bandonéon en 1940 et forme son propre orchestre, même s'il revient au violon dans l'orchestre d' Edgardo Donato. De nouveau bandonéoniste dans son propre orchestre, il fait venir un chanteur qui deviendra un des grands de l'histoire du tango : Alberto Marino.

Lorsqu'Alberto Castillo quitte Ricardo Tanturi en 1943, celui-ci lui demande de diriger son orchestre, lui-même en étant le soliste. Ensemble ils réaliseront de grands succès comme Manoblanca, Anclao en Paris, Charol et Amarras.

Possédant la technique du contrepoint, il écrivit les arrangements d'orchestres prestigieux comme ceux d'Anibal Troilo, Alfredo Gobbi ou Francini Pontier. En 1949 il rejoint Pugliese avec qui il enregistrera sa propre composition " Bien compadre ".

Il se consacrera aussi à l'enseignement. Il a ainsi créé en 2000 l' " Orquesta Escuela de Tango " sous l'égide du Ministère de la Culture de la Ville de Buenos Aires, et participa, en 2005, au documentaire " Si sos brujo: una historia de tango ".

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Domingo Federico

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Domingo Federico ( Buenos Aires 04/06/1916 - Buenos Aires 06/04/2000) : bandonéoniste, chef d'orchestre, compositeur, et professeur.

Très jeune il s'intéresse au bandonéon avec son père et il étudie, à Buenos Aires, au Conservatoire dirigé par Pedro Maffia et Sebastián Piana. A seize ans il forme un duo avec sa sœur et ils commencent à jouer dans le centre-ville, mais également lors de petites tournées. C'est également avec sa sœur qu'il créée son premier orchestre, exclusivement composé de filles.

Il passe par l'orchestre de Scarpino, celui de Juan Canaro pour ensuite rejoindre celui de Miguel Caló. C'est avec lui que le tango " Al compás del corazón " fut joué pour la première fois. Deux ans plus tard, en 1943, il fonde son propre orchestre : quatre bandonéons, quatre violons, un pianiste, et son propre père à la contrebasse. Ils furent embauchés par Radio Splendid et jouèrent sur toutes les scènes les plus importantes de Buenos Aires.

Il effectua 45 tournées à travers l'Argentine et les pays d'Amérique latine et 120 récitals au Japon, d'abord comme bandonéoniste dans l' Orchestre de Francisco Canaro en 1961, puis à la tête du Quintette A lo Pirincho.

Il nous laissa parmi ses compositions, Yuyo verde, Al compás del corazón, Tristezas de la calle Corrientes, Percal, A bailar, toutes avec Homero Espósito comme parolier ; Saludos, Dejame volver para mi pueblo, ... et plus d'une douzaine d'autres...

Ecoutons la version de 1952 du tango Percal, chanté par Armando Moreno
(à noter qu'il enregistra une autre version en 1961, et chantée par Ruben Maciel, en... esperanto...)

Très éclectique, il participa comme acteur aux films, "Un cantor del pueblo" (1948), "Un cualquiera de tropezón par en la vida" (1949), "El tango ídolo" (1949), "La historia del tango" (1949), "Al compás de tu mentira (1950), "El cantor del pueblo (1951), "La diosa impura" (1963), et comme directeur d'orchestre dans "Es otra cosa con guitarras" (1949)

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Rodolfo Biagi

histoire du tango rodolfo biagi

Rodolfo Biagi ( Buenos Aires 14/03/1906 - Buenos Aires 24/09/1969) : pianiste, chef d'orchestre, et compositeur.

Dès la fin de l'école primaire, Biagi, passionné de musique étudie le violon au conservatoire de musique de La Prensa, dirigé par María Rosa Farcy de Montal. Ayant opté ensuite pour le piano, il commence à jouer, à 13 ans, au cinéma Colón, pendant le film et les entractes. Ses parents n'en savent rien...

Un jour Juan Maglio passe dans le cinéma, écoute le gamin et l'invite à venir jouer au Nacional, un des lieux les plus réputés de l'époque. Il a quinze ans. Il reste avec Maglio pendant deux ans, puis joue avec Miguel Orlando au Maipú Pigall. C'est là qu'il rencontre avec Carlos Gardel, et José Razzano qui le sollicita pour l'accompagner dans plusieurs enregistrements. Nous sommes en 1927. Peu de temps après, Carlos Gardel lui propose de l'accompagner en Espagne, mais Rodolfo décline et rejoint l'orchestre de Juan Guido.

En 1935, Rodolfo Biagi intègre l'orchestre de Juan d'Arienzo, lequel marque alors une nette évolution dans son style en mettant plus en avant le piano. Leur coopération va durer trois ans et en 1938, Biagi part pour fonder son propre orchestre et débute au cabaret Marabú, un des hauts lieux à la mode (superficie de 1000m2 !). Il fait appel à plusieurs chanteurs, mais celui qui reste dans l'histoire, c'est Jorge Ortiz, arrivé en 1940. A partir de 1938, Biagi enregistrera 186 tangos. Et tout aussi célèbre, il faut mentionner Hugo Duval qui restera jusqu'à la fin de l'orchestre en 1966. De gauche à droite ci-dessous, " Humiliacion " (1941) avec Jorge Ortiz, " Amor y Vals " (1942) avec Alberto Lago, et dessous " Todo es Amor " (1958) avec Hugo Duval :

     

Biagi, "le cauchemar des mauvais danseurs, le régal des danseurs qui écoutent la musique..." Le style de Biagi est facilement reconnaissable par ses deux aspects caractéristiques : d'abord la prééminence du piano, ensuite l'utilisation de la syncope qui déroute les danseurs "métronomiques". A noter que la syncope en tango n'a pas exactement le même sens qu'en musique classique, pouvant signifier soit le simple fait de déplacer l'accent sur un temps faible, soit de marquer le premier temps de la mesure par deux croches fortement accentuées, soit enfin de marquer un accent sur le dernier temps faible de la mesure précédente... (à noter la concordance parfaite avec la définition de la musique classique dans le 3-3-2 du Libertango de Piazzolla, la syncope étant présente sur la seconde noire pointée, placée sur la partie faible du deuxième temps). Il devient alors évident que pour danser correctement il faut d'abord une très bonne écoute musicale, et ne pas se limiter à vouloir suivre la seule pulsation... même approche que pour danser sur Pugliese...

Parmi les compositions qu'il nous laissera, notons Humillación, Gólgota, Indiferencia, Campo Afuera, Amor y vals, etc... et son surnom de "Manos Brujas" (mains magiques ou de sorcier) qui lui avait été donné lors de ses passages à Radio Belgrado...

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Horacio Salgán

histoire du tango horacio salgán

Horacio Salgán ( Buenos Aires 15/06/1916 - Buenos Aires 19/08/2016) : pianiste, chef d'orchestre, compositeur, et enseignant afro-américain.

Né dans le quartier d'Abasto, Salgán commence le piano à l'âge de six ans et commence très tôt à illustrer musicalement les films muets dans les cinéma de quartier. Il joue, adolescent, au café El Gato Negro, sur Corrientes, et parfois comme organiste à l'église. À 18 ans, il rejoint l'orchestre de Radio Belgrano comme soliste. À 20 ans, il est remarqué et embauché par le chef d'orchestre Roberto Firpo, dans le Cuarteto de la Guardia Vieja. À la fin 1942, il enregistre sa première composition, "Choro en Fa", et en 1944 crée son propre orchestre qui durera jusqu'en 1947, avec une particularité : aucun enregistrement durant toute cette période. A dire vrai les débuts avaient été difficiles : Salgan est en avance sur son temps, faisant évoluer le tango de la danse vers le concert. Mais peu à peu il est accepté. Entre 1947 et 1950, Horacio Salgan se consacre à la composition et à l'enseignement.

Il revient en 1950 avec un nouvel orchestre. L'accueil à Radio Belgrano est favorable, et les tournées et les enregistrements s'enchaînent avec succès. Parmi ses chanteurs : Ángel Díaz, Horacio Deval et Goyeneche, auxquels il faut ajouter Héctor Ortiz et Mario d'Elia pour certains programmes de Radio Splendid. Conscient que le tango commence à passer de mode, il s'adapte à des budgets plus restreins en formant un duo avec Ciriaco Ortiz, auquel va se joindre le guitariste Ubaldo de Lio. Le succès est au rendez-vous, les apparitions et les tournées se multiplient, et ils enregistrent ensemble plusieurs disques.

En 1960 est formé le Quinteto Real, avec Salgán au piano, Enrique Mario Francini au violon et Pedro Laurenz au bandonéon. L'objectif du groupe est de créer des tangos instrumentaux conçus pour les concerts plutôt que pour danser. En 1998, il tient son propre rôle dans le film Tango de Carlos Saura, au sein d'El Nuevo Quinteto Real, une incarnation du groupe original.

Parmi ses 34 compositions, on retiendra particulièrement : “Del 1 al 5 (Días de pago)” (1944), “Don Agustín Bardi” (1947), “Entre tango y tango” (1953), “Grillito”, “La llamó silbando”, la milonga “Cortada de San Ignacio”, “A fuego lento” (1964), son titre le plus connu, à écouter ci-dessous, et les  valses: “A una mujer”, “En tu corazón”, et “Motivo de vals”.

En 2005, la Fondation Konex lui décerne le Diamond Konex Award, l'un des prix les plus prestigieux d'Argentine.

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Florindo Sassone

histoire du tango florindo sassone

Florindo Sassone ( Buenos Aires 12/01/1912 - Buenos Aires 31/01/1982) : violoniste, chef d'orchestre et compositeur.

Après avoir obtenu son diplôme de professeur de violon, il fait ses débuts professionnels, en 1930, dans un groupe dirigé par Antonio Polito qui se produit sur Radio Belgrano. L'année suivante, il a 18 ans, début de la consécration, il devient violoniste dans l'orchestre de Roberto Firpo.

En 1935, il forme son premier orchestre, débute le 1er janvier 1936 sur Radio Belgrano et se produit au café El Nacional, appelé la Cathédrale du Tango de la rue Corrientes , et au cabaret Marabú, avec la voix d' Alberto Amor, qui débutait à l'âge de19 ans. Quelque temps plus tard, Florindo Sassone travaille à Radio El Mundo où il fait une émission, tous les midis avec un grand orchestre composé de percussions, de harpe et d'autres instruments qui, dans le monde du tango, seraient communément qualifiés d' "exotiques".

Il commence à enregistrer pour la firme RCA Víctor en 1947, et en 1959 pour Odeon.

En 1960, Osvaldo De Santi, plus connu sous le nom d'Osvaldo Ramos, quitte l'orchestre d' Alberto Mancione et rejoint Sassone. Ils passent sur Radio El Mundo et sur les chaînes 7 et 11 de la télévision, tenant la vedette une bonne partie  de la décennie. Ils se produisirent au Patio de Tango et au Marabú firent à une tournée en Uruguay et enregistrèrent cinq disques.

Le Japon avec le chanteur Mario Bustos en 1966, de nouveau le Japon en 1975,Colombie et Venezuela en 1975, puis le Brésil et le Paraguay, les tournées s'enchainent avec succès. Florindo Sassone compose peu et c'est surtout ses enregistrements (il en fit plus de 300) qui sont appréciés, encore aujourd'hui. Ecoutons La ultima copa avec Mario Bustos :

florindo sassone au japon

A noter que sur le vinyl enregistré au Japon, dont on voit la photo à droite, l'un des titres attire l'attention : " L'Amour c'est pour rien ", tango écrit par... Enrico Macias... !

Cliquez ici ou sur l'image pour écouter et en savoir plus ===>

Peu de compositions mais l'une d'elle, la milonga Baldosa Flora, est toujours populaire

Le style de Florindo Sassone fait qu'il est encore aujourd'hui très souvent passé par les DJs en milonga. C'est la puissance de l'orchestre et sa primauté qui se remarque. On y retrouve également certaines particularités du style d'Osvaldo Fresedo, mais aussi de Carlos di Sarli : richesse mélodique et rythme bien marqué, ce qui explique qu'il est toujours apprécié des danseurs.

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Astor Piazzolla

histoire du tango astor piazzolla

Astor Piazzolla ( Mar del Plata 11/03/1921 - Buenos Aires 04/07/1992) : bandonéoniste, chef d'orchestre et compositeur.

Immense compositeur connu dans le monde entier, mais aussi sujet à polémiques, il était inévitable de lui consacrer une page spécifique.

Page spéciale Astor Piazzolla : cliquez    

Parmi de nombreux morceaux d'anthologie, pour les danseurs on retiendra quelques chefs-d'œuvre comme "Adios Nonino", ou "Libertango". Pour les audiophiles, on retiendra... il y en a trop, voir sa page spécifique. Pour les amateurs de classique ou de jazz, on balaiera ses œuvres, avec ou inspirées par, Rostropovitch, Gerry Muligan ou Miles Davis. Et pour les amateurs de cinéma, il faut citer "Oblivion", musique du film "Henri IV, le Roi fou", celle d' "Il pleut sur Santiago" et celle de "Tango, l'exil de Carlos Gardel".

Extraits musicaux, Los Mareados, El Marne, A Fuego Lento, etc...(dont certains étaient d'autres compositeurs mais qui sont totalement "revisités"), interviews, photos et documents sur la page qui lui est consacrée.

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Hector Varela

histoire du tango hector varela

Hector Varela ( Avellaneda, province de BA 29/01/1914 - Avellaneda 30/01/1987) : bandonéoniste, chef d'orchestre et compositeur.

Etudiant  la fois le bandonéon et la comptabilité, il entre au conservatoire pour se consacrer exclusivement à la musique. Il intègre son premier orchestre à 16 ans, participe à diverses émissions de radio y accompagnant Tita Merello. En 1934, il n'a que 20 ans, il intègre l'orchestre de Juan d'Arienzo comme premier bandonéon et parfois arrangeur. En 1935 il accompagne Libertad Lamarque à Radio Belgrano. En 1939 il fonde son premier orchestre pour jouer à la radio, mais retourne avec Juan d'Arienzo, où il restera pendant dix ans, et où il rencontrera Fulvio Salamanca.

En 1950, avec un nouvel orchestre, il fait ses premiers enregistrements. De très grands chanteurs passèrent dans sa formation comme Armando Laborde, Rodolfo Lesica et Argentino Ledesma. Cest avec ce dernier qu'il enregistrera les célèbres " Fumando espero " (un tango espagnol) et " Fueron tres años".

Le succès fut considérable et les plus grands cabarets comme le Chanteclerc ou le Marabú, étaient bondés lorsqu'il y jouait.

Ecoutons l'incontournable " Fueron tres años " avec Argentino Ledesma, et, en instrumental, " Valsecito criollo "

            

Au Brésil où il fit une tournée triomphale, il adapta également en tangos des musiques entendues dans ce pays, comme : « Mi corazón es un violín », ou le célèbre « Historia de un amor ».

Dans les années 60, le tango étant en déclin, il joua un peu à la télévision, notamment dans l'émission "Grandes Valores del tango". Enfin, en 1979, il participa comme second rôle, au film "La carpa del amor".

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Mariano Mores

histoire du tango mariano mores

Mariano Mores ( Buenos Aires 18/02/1918 - Buenos Aires 13/04/2016) : pianiste, chef d'orchestre et compositeur.

Enfant, il joue très bien de la musique classique au piano. Il débute à 14 ans (certains disent qu'il a triché pour pouvoir jouer, et qu'il en avait 18...) au Café Vicente, avenue Corrientes, et prend des leçons de musique classique au conservatoire d'Andrea à Lanús. Après un bref passage dans l'orchestre folkloique La cuyanita, il est engagé comme chef d'orchestre et pianiste dans l'orchestre de Roberto Firpo.

En 1939, il a alors 21 ans, il entre comme pianiste  soliste dans l'orchestre de Francisco Canaro, et leur collaboration va durer 9 ans.

En 1948 il débute à la tête d'un orchestre dans la salle du Théâtre Presidente Alvear, avec comme arrangeur Martín Darré, et il ose y introduire des instruments inhabituels, orgue, accordéon, percussions, guitare électrique...

Avec Enrique Santos Discépolo, il est l'auteur de grands classiques tels que Uno (1943), Sin Palabras (1946) et Cafetín de Buenos Aires (1948) ; avec Mario Battistella : Cuartito Azul (1939) ; avec José María Contursi : En esta tarde gris (1941), Tu piel de Jazmín (1941), Grisel (1942) et Cristal (1944) ; avec Cátulo Castillo : El patio de la Morocha (1951)et La calesita (1953); avec Homero Manzi : Una Lágrima tuya (1949). Ecoutons Al frente al Mar enregistré en 1952, chanté par Susana Teodora Ramona Leiva, plus connue sous le nom de Suzy Leiva, puis ultérieurement par Claudia Mores :

Mariano Mores écrivit également la musique de plusieurs films : Senderos de fe (1938), Corrientes, calle de ensueños (1949), La doctora quiere tangos (1950), La voz de mi ciudad, avec Diana Maggi (1953), jouant comme acteur dans ces deux derniers films, et enfin, comme acteur également dans un petit rôle, avec Hugo del Carril, dans Buenas Noches Buenos Aires, en 1964.

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Alberto Mancione

histoire du tango alberto mancione

Alberto Mancione ( Buenos Aires 08/10/1915 – 04/07/1998) : de son vrai nom Genaro Tórtora, bandonéoniste, compositeur et chef d'orchestre.

Plus intuitif que studieux, il joue du bandonéon dès 16 ans, alternant ses prestations de musiciens avec de petits boulots, y compris transporteur de carcasses de viande... En 1934, à 19 ans, il obtient son premier emploi de musicien avec le bandonéoniste José Figueroa, spécialisé en tango et folklore. Puis il rejoint l'orchestre d' Armando Baliotti et passe dans l'ensemble de Roberto Firpo, et passe quelque mois dans celui de Jose de Caro, au Club Olivos, et enfin, il fait un bref passage dans celui d'Edgardo Donato.

En 1938, il forme un groupe qu'il nomme Típica Armenonville, pour se produire au Palais de Palerme. Y débute comme chanteur celui qui triomphera plus tard sous le pseudonyme de Floreal Ruiz. L'expérience ne durera que trois mois, et en 1939, Mancione créa l'Orquesta Típica Los Dados Blancos avec le bandonéoniste Bernardo Álvarez. Mancione vient d'avoir 24 ans.

Le 25 avril 1942, avec Aníbal Troilo, il inaugure le cabaret Tibidabo sur Corrientes, où ils alternent dans leurs prestations. Le chanteur Floreal Luiz vient rejoindre ce groupe. Au début des années 1950, il commence à travailler comme artiste exclusif pour Radio El Mundo et cette collaboration durera pendant 16 ans. En 1966 il forme un Quator et accompagne parfois Argentino Ledesma. Peu de compositions nous sont restées, et on recense 41 enregistrements d 'Alberto Mancione, le dernier de 1956. Celui de Ventarron, en 1950, passe encore souvent aujourd'hui, les arrangements de ce morceau étant de lui.

Ecoutons la milonga, Permiso Señores avec deux de ses principaux chanteurs, Jorge Ledesma y Angel Varela :

Son style venait de Troilo, et il était encore plus proche d' Orlando Goñi , car il disait au pianiste de jouer legato avec la main gauche —comme le faisait Goñi—, tandis que les bandonéons jouaient en staccato le rythme à quatre temps. La musique sortait donc doucement, très agile, un son assez clair. Il dépendait aussi beaucoup du violon principal qui marquait les apostrophes, les expressions. Il s'agissait pour lui de corriger les dispositions qui lui parvenaient... (d'après todotango.com)

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Donato Racciatti

histoire du tango donato racciatti

Donato Racciatti di Nardo ( Guilmi , Italie, 18 octobre 1918 - Montevideo, 27 mai 2000) bandonéoniste, chef d'orchestre et compositeur uruguayen d' origine italienne.

Né en Italie, il arrive très tôt en Uruguay où il étudie la musique et le bandonéon. Il débute à la radio en 1938, il a tout juste 20 ans. Deux ans plus tard, il intègre un premier orchestre, celui de Laurenz-Casella. Cinq ans plus tard, en 1945, il est appelé à le diriger. Donato Racciatti enregistrera à neuf reprises avec le chanteur de l'orchestre, Luis Alberto Fleitas.

Il crée son propre orchestre en 1948, et fait ses débuts à l'Hôtel Nogaró à Punta del Este, grande station balnéaire au sud de Montevideo. Un de ses bandonéoniste Raúl Jaurena sera plus tard, lui-même, chef d'orchestre et compositeur. Parallèlement Donato travaille à Radio Universal, puis à Radio Sarandí, l'une des grandes radios de l'époque. Il signe pour le label Sondor et enregistre ¿Conocen estos compases? de Horacio Márquez.

Fort de son succès, il se déplace beaucoup, principalement en Uruguay et au Brésil, même s'il est fort connu et apprécié en Argentine. En 1953 il s'associe avec deux chanteuses qui renforceront encore plus sa réputation, Nina Miranda et Olga Delgrossi. Leur collaboration durera jusqu'en 1960. D'autres grands chanteurs passeront dans cet orchestre.  Ecoutons Tu corazón avec Nina Miranda, et un des plus grands succès de Donato Racciatti, Hasta siempre amor avec Olga Delgrossi :

            

Le style de Donato Racciatti : la prépondérance donnée aux voies féminines soutenues par un tempo très marqué.

Dans les années 50, il participa avec son orchestre à différentes comédies musicales telles que "Barrio de luna y tamboril" et "Muchachos que peinan canas". Il jouera au Cabaret Marabù avec Anibal Troilo et Carlos di Sarli, et fera également plusieurs tournées au Japon entre 1983 et 1997 et y réalisa près de 120 concerts, étant très populaire auprès du public Nippon.

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Osmar Maderna

histoire du tango osmar maderna

Osmar Maderna ( Pehuajó , province de Buenos Aires , Argentine , 26 février 1918 – Lomas de Zamora , province de Buenos Aires , Argentine , 28 avril 1951) pianiste, réalisateur, compositeur et arrangeur argentin.

Dès cinq ans il s'intéresse au piano, même si son père n'est pas d'accord pour qu'il soit musicien. Vu les progrès de son fils, il l'intègre pourtant pour ses dix ans dans son orchestre, comme chargé du pianola (piano mécanique dont certains modèles permettent au musicien de jouer en sus de la partie mécanique). A treize ans, Osmar Maderna fonde son premier orchestre, baptisé "Vitaphone", et parcourt la région. A quinze ans, après des études au conservatoire,  il obtient son diplôme de professeur de piano.

En 1938, à vingt ans, il s'installe à Buenos Aires. En octobre 1939, il rejoint l'orchestre de Miguel Caló, remplaçant le pianiste Héctor Stamponi. Osmar y restera cinq ans, et deviendra le principal arrangeur de Miguel Caló.

Il fut un des principaux artisans, certain diront l'artisan principal, du succès de la formation qu'on appellera "La orquesta de las estrellas". Il faut dire que sont passés dans cet orchestre, Enrique Mario Francini, Armando Pontier et Domingo Federico...

En 1945, il fonde son premier vrai orchestre professionnel et débute au mythique Café Marzotto, et passe sur Radio El Mundo et Radio Belgrano. Il commence à enregistrer avec le label uruguayen Sondor, puis avec le label RCA, nous laissant ainsi 57 enregistrements. Peu de composition propre mais des compositions en coopération avec Miguel Calo. Son plus grand succès fut sa valse « Pequeña », écrite par Homero Expósito et enregistrée par Maderna en 1949 avec la voix d'Hector de Rosas. Ecoutons deux autres de ses enregistrements célèbres, dans l'ordre, son interprétation de Chiqué (El Elegante), puis de Escalas en Azul :

            

Ce dernier morceau, Escalas en azul, évoque, avec quelques autres dont Luna de Plata que nous pourrons écouter plus loin, la seconde passion d'Osmar Maderna, l'aviation. Malheureusement elle lui fut fatale, et Osmar se tua dans un accident d'avion en 1951... à seulement 33 ans... Un violoniste de son orchestre, Aquiles Roggiero, repris le flambeau et continuera à jouer son œuvre dans l'orchestre Simbolo Osmar Maderna. Aujourd'hui c'est un orchestre moderne qui reprend l'essentiel de Miguel Calo et Osmar Maderna, l'Orquesta Tipica Sans Soucis, dont nous pouvons écouter l'interprétation de la valse Luna de Plata :

Le style d'Osmar Maderna se caractérise par un mélange de rythmique traditionnelle et de quelques syncopes et 3-3-2, le tout permettant de danser facilement comme sur un 4 temps traditionnel mais sur une rythmique nettement plus enrichie. Richesse de la mélodie, piano mis en avant avec de superbes solos, les autres musiciens en pratiquant également, lui valurent le surnom de "El Chopin del tango", titre qui fut donné à un de ses albums, tout récemment en 2022.

Il participa à deux films, El Idolo del tango (1949) avec son orchestre au complet (et una linea de cuatro bandoneóns) et une interprétation magistrale au piano, et l'année suivante Al compás de tu mentira (1950).

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Atilio Stampone

histoire du tango osmar maderna

Atilio Stampone (Buenos Aires , 1er juillet 1926 - 2 novembre 2022) pianiste, arrangeur, metteur en scène et compositeur.

Il commence le piano à l'âge de dix ans, et intègre l'orchestre de son frère en 1941. A l'âge de quinze ans, il rejoint l'orchestre de Roberto Dimas, qui se produit au café Marzotto sur Corrientes. Un jour, Pedro Maffia vient voir le spectacle et, fortement impressionné,  il lui propose de venir jouer au Tibidabo. Un an plus tard, Atilio intègre l'orchestre de Pedro Maffia.

En 1945, il rejoint l'orchestre de Roberto Rufino.

Cette même année, il rencontre Astor Piazzolla, qu'il rejoint un peu plus tard en 1946. Ils vont rester ensemble pendant trois ans. En 1949, à l'âge de vingt-trois ans, il travaille comme soliste dans l' orchestre Mariano Mores et, la même année, il rejoint brièvement le groupe de Juan Carlos Cobián. En 1950 il obtient une bourse d'études e n Italie, où ses amis Julián Plaza et Alfredo Marcucci arrive à le convaincre de faire une tournée autour du monde. Pendant deux ans ils voyagent à travers l'Italie , la France , la Grèce , l'Égypte , la Syrie , le Liban et la Turquie.

En 1952, de retour à Buenos Aires il forme l'orchestre Stampone - (Leopoldo)Federico. En 1955, il enregistre un album 78 tours avec son propre orchestre et les chansons " El Marne " d' Eduardo Arolas, ainsi que le tango de sa compoisition,  "Afiches", avec des paroles d'Homero Expósito , chantées par Héctor Petray. En 1956, il enregistre "Nuevos puntos" (de Francisco Canaro ) et " Confesión " (d' Enrique Santos Discépolo et Luis César Amadori ), avec le même chanteur. Durant l'année 1955 il fera également partie de l'Octeto Buenos Aires d'Astor Piazzolla.

Il continue, malgré tout, de poursuivre ses études d' harmonie, de composition, de contrepoint, de fugue, de direction d'orchestre et de musique dodécaphonique avec les professeurs Julián Bautista et Teodoro Fuchs. Parmi les classiques, il étudie Beethoven , Chopin et Ravel . Grand amateur de jazz, il admirait Oscar Peterson et Bill Evans.

     Ecoutons "Afiches" composé par Atilio Stampone, paroles d'Homero Exposito, et chanté par Roberto Goyeneche

En 1985, en raison de sa personnalité et de sa carrière infatigable, il a été élu directeur de la Société argentine des auteurs et compositeurs de musique , SADAIC, l'entité qui collecte les droits d'auteur des musiciens et paroliers et, plus tard, il a été nommé président de celle-ci. Cette année-là, il était président du jury du prix Konex . Il a travaillé comme arrangeur pour de grands chanteurs de tango, tels que Roberto Goyeneche, Virginia Luque et Néstor Fabián. En 1985, il compose le groupe musical du film The Official Story, lauréat de l' Oscar du meilleur film étranger.

Le 14 mai 1987 — dans le cadre du Festival de San Isidro — il crée son spectacle Tango in Concert au Teatro Real de Madrid (Espagne). En raison de son grand succès à Madrid, il a également été créé à Mar del Plata (Argentine), avec l'orchestre symphonique de cette ville. En 1989, il compose la musique de la pièce "Discepolín", faisant référence à la vie d'un grand du tango : Enrique Santos Discépolo. Un album sort avec cette œuvre. La même année, il réalise la musique du film de coproduction portoricain et argentin Tango Bar.

En juillet 2000, le Ministère de la Culture de la Nation l'a nommé directeur de l' Orchestre National de Musique Argentin "Juan de Dios Filiberto" . Son activité médiatique a été incessante et le prestige acquis l'a amené à devenir directeur de l'Orchestre municipal de Buenos Aires, avec lequel il s'est produit dans les événements les plus divers pour faire du tango et de la musique en général, se distinguant par sa direction sans équivoque, il a continué à diriger "l'Orchestre National de Musique Argentine Juan de Dios Filiberto". En 2000, il a reçu le Prix pour l'ensemble de sa carrière du Fonds national pour les arts et en octobre 2003, par la loi n° 1091 de l' Assemblée législative de la ville autonome de Buenos Aires, il a été désigné Citoyen illustre. En 2005, il est à nouveau président du jury des Konex Awards. Il s'est produit avec son orchestre dans le film documentaire Café de los Maestros (2008) réalisé par Miguel Kohan et dans l'album Café de los Maestros Vol. 1 et 2 (2005) dans lequel il a enregistré "Orgullo criollo" et "Mi Amigo Cholo".

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Quinteto Real

histoire du tango osmar maderna

Quinteto Real (1960-2010) : orchestre fondé par Horacio Salgán en 1960, avec Salgán au piano, Pedro Laurenz au bandonéon, Enrique Mario Francini au violon, Ubaldo De Lío à la guitare et Rafael Ferro à la contrebasse.

Un orchestre exceptionnel qui va durer un demi-siècle... Un des plus important exemple de continuité dans le monde du tango.

Dix ans après sa création, le Quinteto évolue : Quicho Díaz remplacera Ferro à la contrebasse, mais le plus gros changement intervient après la mort de Pedro Laurenz et celle d'Enrique Francini, respectivement remplacés par Leopoldo Federico au piano et Antonio Agri au violon.

 Dans les années 1990, arrive dans la formation, Néstor Marconi au bandonéon. En 1999, le Nuevo Quinteto Real réunit Salgan et De Lio avec le violoniste Hermes Peressini, le bandonéoniste Nestor Marconi et le contrebassiste Oscar Giunta.

Au début du XXe siècle, Horacio Salgán prend sa retraite et confie à son fils César Salgán le piano et la direction de l'ensemble. Horacio continue d'apparaitre de temps à autre, dans le groupe. En 2004, la formation comprend Ubaldo De Lio à la guitare, Julio Peressini au violon, Carlos Corrales au bandonéon et Angel Bonura à la contrebasse.

En 2010, le quintette a célébré ses « 50 ans » avec des tournées dans différents pays du monde, se produisant au Bicentenaire de l'Argentine où il a joué devant plus d'un million de personnes, ainsi qu'au Festival de Tango de la ville de Buenos Aires, avec la participation d'Horacio Salgán et d'Ubaldo de Lío.

"El Arranque" de 1960.

En tout, on compte une cinquantaine d'enregistrements, exécutés en trois sessions : 1960, 1964 et 1987.

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Fulvio Salamanca

histoire du tango fulvio salamanca

Fulvio Werfiel Salamanca ( Juan B. Molina , province de Santa Fe , Argentine, 19 août 1921 – 25 mai 1999), également connu sous le nom de Tony Cayena , était un éminent pianiste , compositeur , chef d'orchestre et arrangeur.

D'une incroyable précocité, il commence à étudier le piano à 6 ans et en devient professeur à seulement 12 ans. A 14 ans il forme son premier groupe, et comme nous sommes en 1935 et qu'il est encore gamin, il l'appelle Orquesta Mickey, le personnage de dessin animé créé quelques années plus tôt.

En 1939, Juan d'Arienzo l'entend jouer à Las Varillas, dans la province de Cordoba. Il l'invite à venir auditionner à Buenos Aires. Un an plus tard D'Arienzo l'incorpore à son orchestre, Fulvio vient d'avoir 19 ans. Il va rester 17 ans dans l'orchestre de D'Arienzo... Quelques années parfois mouvementées : Fulvio, d'obédience communiste étant souvent arrêté, et ne devant sa libération qu'à l'intervention de D'Arienzo...

En 1957 il fonde son premier orchestre, enregistre "Chique" et "Alma en peina" pour le label Odeon, et en Juin fait ses débuts sur Radio Splendid. Durant les années 60, il se produit en Uruguay, au Chili, et enregistre deux albums en 1966 et 1968, commandés par le Japon. Avec Odeón, il réalise 36 disques entre 1957 et 1963 ; avec Philips 11 en 1961 ; avec Music Hall, 60 chansons entre 1964 et 1969, dont une excellente version du tango Maipo, d' Eduardo Arolas. À cela s'ajoutent 48 enregistrements pour des labels japonais et dix pour Almalí. On lui doit quelques belles compositions, dont la Valse Eterna, dédiée à sa femme et enregistrée par d'Arienzo, le tango "Matraca" à écouter ci-dessous, avec également un enregistrement célèbre de "Bomboncito", d'Armando Guerrico, dont on entend souvent la reprise, par des orchestres contemporains.

            

On a dit de lui qu'il était le "meilleur pianiste de tous les temps"...

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Leopoldo Federico

histoire du tango fulvio salamanca

Leopoldo Federico ( Buenos Aires , 12 janvier 1927 - 28 décembre 2014)
Chef d'orchestre, compositeur, arrangeur  et bandonéoniste.

 

 

 

 

 

 

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