Carlos Gardel     La légende du tango chanté

carlos gardel 1.  Un résumé de sa vie :  dans un article du journal Le Clarin

2.  La jeunesse :  un gamin désœuvré qui traine dans les quartiers

3.  Les débuts : comme payador et la rencontre avec Razzano

4.  La gloire avec le tango - Paris :  premiers longs métrages

5.  La consécration - New-York :   chanteur et vedette mondiale

6.  La tragédie :   crash de l'avion à Medellin, le monde en pleurs

7.  Qui était l'homme vraiment ?   Sa vraie nationalité, ses passions, sa vie amoureuse

8.  Un résumé de son œuvre :  ses grands succès - enregistrements - films

S'il existe un nom, un personnage, une légende qui symbolise le tango chanté, il s'agit bien de Carlos Gardel, ce petit français exilé en Argentine, et qui marqua l'histoire du tango. Encore aujourd'hui il est l'objet d'une véritable vénération en Argentine, et danser sur un de ces morceaux est considéré dans les milongas (où on ne le passe jamais pour cela), comme un véritable sacrilège ! Carlos Gardel on l'écoute... religieusement... Et c'est le jour anniversaire de sa naissance (également celle de Julio de Caro), le 11 décembre, qui fut choisi pour la création del " Día nacional del tango "

Toute une page, plus exclusivement consacrée à sa filmographie, est disponible ici

1. Une vie et une légende du tango, en un résumé journalistique

Il faudrait non pas un page, mais tout un livre pour pouvoir évoquer l'histoire de ce chanteur qui a marqué à jamais l'histoire du tango, et qui reste, encore aujourd'hui, une légende.

Né en 1947, Le journal "Le Clarin" (trad : Le Clairon) est le titre le plus lu d'Argentine. Il couvre toute l'actualité nationale argentine, et internationale. Le titre a toujours été reconnu pour ses prises de position farouchement indépendantes, y compris pendant la période de la dictature. Clarín appartient au très puissant groupe Clarín, qui possède, en plus d'autres journaux, plusieurs chaînes de télévision (Artear ou Canal 13) et une radio (Radio Mitre).

Dans son numéro du 9 décembre 2012, il consacre pas moins de 20 pages à évoquer Zorzal, surnom de Carlos Gardel. Pourquoi Zorzal ? La traduction l'explique à la fois par le chant et aussi par l'incroyable amour des argentins pour ce chanteur, amour qui leur a fait donner ce diminutif affectueux à Gardel. Zorzal ? Un petit oiseau... une grive...

Cliquez sur les images pour agrandir les textes et en lire la traduction

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2. La jeunesse : Un gamin un peu désœuvré qui traine dans les quartiers

berthe gardelElever un garçon doté d'un certain caractère quand on est une femme seule et qui doit travailler dur, n'est pas chose facile, même aujourd'hui. Alors à l'époque Berthe, la mère du jeune Charles, devenu Carlos, avait bien du soucis. Rosa C. de Francini, une amie, mère de plusieurs garçons, prend en charge le gamin de temps en temps. Mais la relation entre la mère et l'enfant est fusionnelle. Charles commence un peu à oublier le français et a adopté l'argot du marché de l'Abasto, argot fortement marqué de mots italiens plus ou moins déformés.

Quelques fugues, des parties de pêche, des matchs de foot avec les copains, la vie du jeune Carlos, c'est comme cela maintenant qu'on l'appelle, s'égrène comme celle de tous les gamins un peu livrés à eux-mêmes de son quartier. Berthe veut que son fils échappe à la misère, et le voit d'un mauvais œil travailler à la sauvette chez les commerçants du marché. Pour lui, elle travaille dur. Elle a une chance, son travail de " planchadora " (c'est  comme ça que plus tard on appellera les danseuses que l'on n'invite jamais : elles repassent le fond de leur robe sur leur chaise...) paye bien... si on est française ! Faire repasser une chemise par une française, coute deux à trois fois plus cher que de le faire faire par une italienne. Carlos va au collège.

carlos gardel enfant1897, l'année scolaire est terminée, Carlos a sept ans, et termine avec la mention d'élève distingué, mais surtout il a découvert la musique et le chant. Pendant toute l'année il a figuré dans le chœur de l'école, et le Maître de musique l'a maintes fois félicité. Berthe souhaiterait qu'il poursuive ses études ou qu'il apprenne et trouve un métier "sérieux" ; lui rêve déjà de devenir artiste et commence à trainer dans les bars et cafés.

1900, Carlos a grandi. Il est connu sur les marchés pour ses talents de conteurs. Il travaille, traficote un peu, et est très fier de ramener quelques pesos à sa mère. Cette année là, il gagne deux pesos pour avoir chanté, pour un tiers, une sérénade à une belle.

1904 Il continue un peu d'aller à l'école, et ses résultats sont plutôt bons, mais il passe aussi beaucoup de temps à trainer dans les rues et les marchés avec les gamins de son âge.

      carlos gardel buletin scolaire     

En fait, dès l'âge de neuf ans, Carlos Gardel, chaparde dans les marchés et sa mère est déjà allé le rechercher au poste de police. La consécration pour un chenapan de ces quartier est d'entrer dans une " barra ", une bande. Une bagarre à son avantage, avec un plus costaud que lui, surnommé " El Callego ", lui ouvre les portes d'une de ces bandes. Rien de bien méchant, il s'agit surtout d'une bande de copains qui chapardent et pratiquent de petites arnaques. Mais Carlos doit passer l' "examen" pour y entrer, examen consistant à aller piquer quelques victuailles et des pommes sur le marché d'Abasto. Examen réussi, et le chef de la bande, " El Cachafaz ", que l'on retrouvera plus tard parmi les proches de Carlos, et qui se fit une grande réputation comme danseur de tango, l'accepte et lui promet une "amitié à vie".

identité carlos gardelFin 1903, il a treize ans et demi, il s'enfuit encore de chez lui, mais se fait pincer par la police. En 1915, il a encore mal à partie avec les autorités, pour une escroquerie bien connue, celle de l'oncle, " el cuento del tío ". L'escroc raconte à son futur pigeon qu'il a fait un héritage de son oncle, lequel habite loin en province, et qu'il abandonnerait une partie de cet héritage, si le futur pigeon lui avançait l'argent du voyage, de l'hôtel, voire de l'avocat. Un complice participe parfois, à cette escroquerie, et certains pensent que cela aurait pu être Andrés Cepeda, surnommé “le poète de la prison", qui plus tard composa plusieurs chansons pour le duo Gardel-Razzano.

Il l'aurait rencontré, soit en trainant dans les bas-fonds de Buenos Aires, soit plus tard, lors d'un séjour en prison.

Le fac-similé du dossier médical de 1915, authentifié par les techniques les plus modernes et pointues d'aujourd'hui, et la correspondance entre les empreintes digitales, indiquent que " El pibe Carlitos " est bien enregistré comme français, et né à Toulouse. Des années de polémiques et de controverses s'envolèrent. Il est presque certain, d'ailleurs, que Carlos Gardel fit un séjour dans la prison la plus gardée d'Argentine, celle "de la fin du monde" à Ushuaia.

Mais Carlos Gardel a d'autres idées en tête : il veut chanter ! Nécessité oblige il multiplie les petits boulots pour survivre, à l'imprimerie Cuneo, à la cartonnerie Pagliani, chez un horloger, dans des théâtres, où il rencontre acteurs, auteurs, metteurs en scène, mais surtout il fréquente les payadores. Ils sont extrêmement populaires dans tout le Rio de la Plata. Gabino Ezeiza (le jour de sa naissance, le 23 juillet est devenu le Jour national des Payadors, en Uruguay), Jose Betinotti (au sujet duquel on réalisa un film célèbre " El Ultimo payador "), Juan Nava mélangent rythmes de milonga et improvisation, et s'affrontent dans d'interminables " payadas de contrapunto ". Carlos Gardel rêve de chant et de célébrité... mais il pense aussi à sa mère. Elle est pauvre, vieillie prématurément et s'inquiète beaucoup pour l'avenir de son fils.

Les vers célèbres que le payador Betinotti avait écrit pour sa mère, prennent pour Carlos toute leur résonnance :

... ma pauvre mère chérie, combien de soucis je lui ai causé, combien de fois je l'ai trouvée bouleversée et pleurant, cachée dans un coin...

3. Les débuts : premiers pas dans la chanson, d'abord comme payador

Comme encore aujourd'hui, les bars sont les lieux incontournables où se réunissent les hommes dans la journée, comme le soir venu, voire une partie de la nuit. Les femmes n'y sont guère admises, affublées du surnom de " sapos de otro poso ", grenouilles d'un autre puits.... C'est vrai qu'à cette époque, nous sommes en 1908, l'église et sa morale sont encore toutes puissantes. Les hommes peuvent sortir dans les cafés et restaurant, les femmes " bien élevées " , non. Si elles vont au bal ce sera accompagnée par la duègne, la mère, le mari ou un frère. Il en est de même pour elles, sinon pire, en ce qui concerne la pratique du tango, qui s'est répandu dans la ville.jose betinotti

C'est dans un de ces bars, près d'Abasto, que le célèbre payador Betinotti, entend Carlos Gardel chanter pour la première fois, et qu'il le félicita sur sa façon de chanter. Gardel persévère dans cette voie. Betinotti est une référence, Gardel peut lui faire confiance. Avec ses maigres économies, il prend quelques cours de chant au théâtre Colon, et continue d'écouter la façon de chanter des gloires du lyrique. Dans un autre bar, le café O'Rondeman, les propriétaires, les frères Traverso, l'incitent à chanter dans les comités du Parti Conservateur. Carlos suit leur conseil, même si ce ne sont pas ses idées politiques, et il va aussi chanter chez les radicaux. L'expérience est bénéfique, car tous les plus grands payadores y officient, et Carlos écoute, Carlos apprend, Gardel veut travailler, Gardel veut évoluer...

Nous sommes fin 1910, Buenos Aires est en ébullition. De multiples bateaux quittent le port, emmenant les produits argentins partout dans le monde, mais surtout vers l'Europe. Liebig dont la fabrique s'est installée au nord de Buenos aires, dans la province d' " Entre Rios ", commence à exporter ses fameux bouillons de légumes. L'époque est euphorique. Georges Clemenceau qui vient de visiter le pays, publie en 1911 ses  " Notes de voyage en Amérique du Sud " et dit en parlant des argentins « Un peuple dont le développement de la pensée et l’esprit ont, à diverses reprises, retenu mon attention durant mon voyage, peut aborder les problèmes de l’avenir le cœur plein d’espoir. ». Un an plus tard, c'est Jean Jaurès qui vient en Argentine y faire une série de discours remarquables, qui sont restés dans l'histoire.

Nous arrivons en 1911, l'Argentine devient célèbre, reste pour Gardel à le devenir aussi...

razzanoAu même moment, un autre chanteur d'un tout autre style officie dans le quartier de Congreso. On l'appelle l' " Oriental " du fait de son origine, la République orientale de l'Uruguay. En fait il s'appelle José Razzano.

Comme le veut la tradition de l'époque, il est coutume d'opposer les chanteurs de différents quartiers dans des joutes musicales. Pour les payadores il s'agit de joutes improvisées de contrapunto, pour les autres il s'agit simplement de musique et ou de chant. Dans ce cas là, c'est d'une joute chantée qu'il s'agit et qui eut lieu dans une maison de la rue Guardia Vieja. Les styles s'opposent, et tous défilent pendant des heures, cifra, estilo, payada, zambas cuicas, etc... Au fil des heures la compétition vire à l'élan de sympathie entre les deux chanteurs, pourtant de styles et de voix différents. Gardel plutôt baryton, Razzano, plus haut, entre ténor et contralto.

Lors de la deuxième rencontre, un troisième chanteur se joint aux deux premiers, un dénommé Francisco Martino. L'idée d'un trio germe aussitôt. Pour des raisons pratiques seuls Gardel et Martino partent pour une première tournée. A leur retour, un quatrième chanteur se joint à eux, Sãul Salinas, dit " el Vibora ", le serpent, et se forme un quatuor.

duo gardel-razzanoEn 1913, la firme Tagini propose à Carlos Gardel d'enregistrer un disque selon le procédé Columbia. C'est peut-être le début du succès... Carlos enregistre quinze thèmes issus du répertoire folklorique du Rio de la Plata. Malgré tout, le quatuor part quand même en tournée, mais c'est l'échec. Seuls restent Gardel et Razzano. Malgré les fanfaronnades de Gardel, le retour n'est guère glorieux. Un mois passe et un jour Razzzano frappe à la porte : il vient proposer à Carlos un contrat pour une soirée chez des gens riches et importants, à la Confiteria Peru. Cela ne se refuse pas. La soirée se déroule à merveille, et ils sont invités ensuite chez une certaine Madame Jeanne. qui tient grande table à la française. Là encore c'est un succès et la soirée se poursuit à l'  Armenonville, où officie l'orchestre de Roberto Firpo, au piano, et Edouardo Arolas au bandonéon. On y note la présence d'un noir à la contrebasse, chose très rare à l'époque (un noir comme une contrebasse), el Negro Thomson. Il est a noter également que c'est ce contrebassiste qui, à peine un peu plus tard, dans l'orchestre de Canaro, popularisera le rythme fameux, croche, double croche, noire à la contrebasse avec effet de percussion sur les cordes, rythme qui engendrera le canyengue et la danse du même nom (qui ne fut jamais la danse d'origine du tango, étant apparue plus de trente ou quarante ans après sa naissance). Le succès de Gardel et Razzano est tel que les deux gérants, Lanzavecchia et Loureiro, leur proposent de les embaucher avec un salaire journalier... qu'ils n'espéraient même pas gagner pour un mois de travail.

Dans la journée le duo adopte le nom de Gardel-Razzano.

duo gardel-razzanoUn autre évènement important va survenir, leur première approche du répertoire du tango. Certes officiellement le tango est infréquentable pour la bonne société, mais toute cette même bonne société va l'écouter et le danser à l'Armenonville. Pourtant le duo Gardel-Razzano va y triompher, à la surprise générale avec un répertoire encore essentiellement issu du folklore. Mais...

En attendant les concerts se multiplient, et le 8 janvier 1914, au théâtre Nacional, sur Corrientes, Gardel et Razzano affrontent un nouveau public. Les spectateurs sont enthousiastes et le lendemain, le journal La Razón, parle d'eux comme de deux chanteurs professionnels. Enfin ! Il restent encore à l'Armenonville, mais chantent aussi maintenant dans les théâtres.

Ils chantent aussi en Uruguay, la publicité ci-contre étant celle du théâtre " 18 de Julio " durant cette même année 1914.

Début 1915, ils rencontrent le producteur uruguayen Visonti Romano qui se propose de les engager. Le 16 juin ils embarquent pour Montevideo et le 17, est organisée une audition privée au théâtre Royal, où sont conviés personnages influents et journalistes. première représentation officielle le 18: c'est un triomphe qui rapidement va inonder la ville.duo gardel-razzano

De retour à Buenos Aires, c'est un contrat au Brésil qui leur est proposé. Ils s'y rendent en partie par bateau et rencontrent à bord le célèbre ténor italien, Enrico Caruso, très étonné par la manière de chanter des deux amis.

De nouveau en Argentine, ils continuent sur le répertoire traditionnel, et intègrent la Compagnie Traditionaliste Argentine, qui organise des spectacles de musique folklorique et débutent le 12 novembre 1915 au théâtre San Martin.

Carlos Gardel, qui avait été fortement impressionné par le guitariste Emilio Bo, rencontré lors d'une soirée que des amis avaient organisé au bénéfice du duo, et qui cherchait un musicien, rencontre un jeune noir, Jose Ricardo avec qui il se lie d'amitié : le duo Gardel-Razzano a enfin trouvé son guitariste !

Mais l'histoire aurait pu s'arrêter là !

La nuit du 15 décembre 1915, Gardel participe à une grande soirée au théâtre San Martin. Deux de ses amis sont là également, Elias Alippi et Carlos Morganti, tous deux acteurs mais aussi danseurs passionnés de tango. Ils décident de finir la nuit au Palais de Glace, haut lieu du tango, en plein quartier résidentiel. le champagne y coule à flot. Mais c'est aussi le lieu des patotas (bandes) de " niños mal de familia bien ", les mauvais garçons de bonne famille qui jouent les terreurs dans la ville.

Gardel et ses amis, vont se faire provoquer par quelques uns de ces jeunes " voyous-aristocrates", et préfèrent s'en aller. Un bousculade s'ensuit mais ils réussissent à sortir et décident d'aller manger ailleurs. Durant le trajet, trois voitures les bloquent  au détour d'un embouteillage, un des jeunes passablement éméché, nommé Gregorio Gallegos Serna sort une arme et tire une balle dans la poitrine de Carlos Gardel qui s'écroule...

Emmené à l'hôpital, Carlos, de bonne constitution, récupère assez vite, mais les médecins préfèrent ne pas l'opérer : la balle restera dans son poumon gauche durant toute sa carrière et jusqu'à la fin de sa vie. On expliqua à Gardel, qu'il fallait mieux ne pas porter plainte, le père du jeune criminel étant un membre influant du gouvernement...

Un mois après la tentative d'homicide, Gardel se remet à chanter.

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4. La gloire avec le tango, les débuts au cinéma

carlos gardel tango litaEn trainant comme à l'accoutumée de théâtres en cafés dans la rue Corrientes, " la rue qui ne dort jamais ", Carlos Gardel fit une rencontre qui allait changer le cours de sa vie : un poète un peu en galère, nommé Pascual Contursi.

Ce dernier compose des vers sur des musiques de tango, parle le lunfardo comme Gardel, et a déjà écrit quelques paroles pour Roberto Firpo, Francisco Canaro et  Juan Carlos Cobián. Ils se perdent de vue mais se retrouvent à Montevideo en janvier 1917. Contursi chante une composition du pianiste et guitariste Samuel Castriota, sur lequel il a créé des paroles, " Lita ", que Gardel avait déjà entendu à Buenos Aires lors de leur première rencontre. Gardel l'adopte, et décide de le chanter... mais pas tout de suite. Il ne se sent pas encore prêt.

Sans le savoir, il vient de faire son premier pas dans le monde du tango chanté et d'un nouvel univers qu'il va par la suite créer. Mais ce premier pas est prudent, et il en restera là provisoirement concernant le tango, mais un autre "premier pas" l'attend dans un tout autre domaine.

Un metteur en scène et auteur de théâtre, Francisco Defilipis Novoa, propose à Gardel un rôle dans un film qu'il a en projet : " Flor de durazno ". Gardel est étonné car il n'a pas le profil d'un acteur, pèse 120 kgs et ne possède aucune expérience en la matière. Mais il accepte, malgré le fait que le rôle n'a rien à voir avec ses capacités de chant (il s'agit d'un film muet, contrairement à tous les montages qui peuvent circuler), simplement une histoire de gauchos...

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Après un tournage laborieux, Carlos prend deux résolutions : perdre du poids et se risquer à chanter un premier tango, " Lita " de Pascual Contursi, et ce malgré l'usage du lunfardo, l'argot des banlieues, à priori peu apprécié par son public habituel. En fait, c'est un triomphe.

Carlos Gardel décide de persévérer, mais change le titre du tango qui devient le célèbre " Mi noche triste ".

Percanta que me amuraste en lo mejor de mi vida
Dejándome el alma herida y espina en el corazón
Sabiendo que te quería, que vos eras mi alegría
Y mi sueño abrasador
Para mí ya no hay consuelo
Y por eso me encurdelo
para olvidarme de tu amor..

Femme qui m'a donné le meilleur de ce que j'ai connu
Me laissant l'âme blessée et une épine dans le cœur
sachant que je t'aimais, que tu étais ma joie
et mon rêve brûlant
Pour moi il n'y a plus de réconfort
et c'est pour ça que je me replie sur moi-même
pour oublier ton amour...

Carlos change alors totalement de style et de répertoire, délaissant de plus en plus le folklore pour aller vers le tango, et y exprimer dans un langage poétique, les joies et chagrins des gens du peuple.

Avant Gardel, le tango était essentiellement une musique à danser. Avec lui et son talent extraordinaire, il prend une autre dimension. Le " tango-canción " est lancé. En cette année 1918, tout Buenos Aires chante Mi noche Triste. l'année suivante Gardel chante d'autres tango de Pascual Contursi, " Flor de tango ", " Ivette ", " De vuelta al bulin ".

Cette même année, nous sommes en 1921, Gardel a vingt ans, et tombe amoureux d'une jeune adolescente, Isabel del Valle. Il devient aussitôt un membre assidu des salles de sport : amour et nécessité d'apparence professionnelle faisant même loi. Autre évènement : Razzano se fait opérer de la gorge, ce qui fragilise un peu sa voix. En outre les orientations du duo divergent de plus en plus : Razzano restant fidèle au folklore, Gardel allant vers le tango.

Carlos Gardel rêve de la France. Malgré les épreuves de la grande guerre, Paris reste le centre du monde. Mais subsiste un problème : Carlos, de nationalité française s'est arrangé, à l'inverse de nombre de ses compatriotes, pour ne pas rejoindre l'armée et les zones de combat. Un ami, Juan Barena, lui a conseillé de demander la nationalité uruguayenne, ce qui s'obtient facilement et résoudrait le problème. C'est le début d'une longue controverse sur la nationalité réelle de Gardel, controverse qui ne s'est arrêtée que récemment (voir chapitre précédent).

Le 12 janvier 1918, la revue Caras et Caretas annonce vingt-quatre nouveaux disques édités par l'entreprise Max Glücksmann, dont neuf du ténor Enrico Caruso, et cinq du duo Gardel-Razzano. Carlos Gardel a enregistré seul " Mi noche triste ". Carlos prend son envol : entre 1917 et 1921 il enregistre seize tangos en solo. En 1922, c'est dix-neuf tangos en solo, contre seulement seize avec Razzano.

carlos gardelEn 1923, Juan Barena a réussi, en jouant de son influence, et grâce au " témoignage " de deux de ses mais, à faire obtenir à Gardel la nationalité Uruguayenne. Il peut maintenant partir sans risque pour l'Europe et pour la France. La première étape sera l'Espagne, un impresario, Francisco Degado lui y ayant proposé une tournée. La première à Madrid a lieu au théâtre Apolo. L'accueil du public est réservé pour la pièce " Barranca abajo " mais totalement enthousiaste pour le duo, et surtout pour Gardel, les deux chanteurs étant affublés de costumes de gauchos. Les représentations se poursuivent, cependant sans véritable succès.

Début 1924, Gardel fait un court voyage en France pour aller voir sa mère et toute sa famille, à Toulouse. Gardel repart pour l'Argentine. En Septembre Gardel fait ses débuts à la Radio Grand Splendid. Le 4 octobre Gardel y chante seul, accompagné par l'orchestre de Canaro. Dans le monde du tango, la " Guardia Nueva " arrive avec Juan Carlos Cobiãn et Julio de Caro. Gardel sent ce modernisme, il comprend que le tango a changé. Il voudrait accompagner ce mouvement, mais le duo est en crise. En septembre, Razzano n'arrive pas à chanter pendant la tournée, sa voix est condamnée. Gardel ira seul en Europe, Razzano restera à Buenos Aires et changeant de rôle deviendra l'administrateur de Gardel, l'organisateur de ses tournées, le défenseur de ses intérêts. Le voyage en Espagne est court, Razzano est tombé malade, Gardel de son côté, se sent seul, il rentre à BA. Le 26 octobre, il repart, direction Barcelone.

Paris !

carlos gardel floridaEntre deux engagements en Espagne, Gardel disparait ! En fait, sans en parler à personne, il était parti pour Paris. Il a sur place un chargé de ses intérêts qui a préparé le terrain avec un impresario, Paul Santelini. Gardel arrive dans le restaurant où ils sont réunis avec les frères Pizarro, et se met à chanter, deux jours plus tard un contrat est signé pour un concert salle Pleyel et un tour de chant au Florida.

En attendant, Carlos retourne en Argentine. Il ose y chanter ¿ Qué vachaché ? du poète Enrique Discepolo, cet hymne au pessimisme, reflet de son auteur.

Il repart vers la France via l'Espagne, passe par Toulouse, arrive à Paris, et fait un premier récital privé le 30 Septembre 1927, au théâtre Fémina, lors d'une soirée de bienfaisance en faveur des victimes de l'éruption de  ouragan Okeechobee (1270 morts et des dizaines de milliers de sinistrés) et en présence du Ministre des Colonies et du corps diplomatique. C'est un véritable triomphe, qui étonne Gardel lui-même. Il fait enfin ses vrais débuts, la nuit du 2 octobre 1928 au Florida, où il chantera trois mois durant. Le premier soir, figuraient dans l'assistance, Maurice Chevalier, Gaby MorlaixJosephine Baker, le peintre japonais Foujita, et autres célébrités du tout Paris.  C'est encore un triomphe, sa renommée envahit tout Paris, et le 5 février 1929, il est invité par le Président Doumergue  au Bal des petits lits blancs à l'Opéra, en compagnie de Mistinguett, Maurice Chevalier, Raimu, Lucienne Boyer et l'orchestre d'Osvaldo Fresedo. Le Président adore la voix de Gardel et en redemande. Durant son séjour, Gardel enregistre plusieurs morceaux avec la firme Odeon, et rencontre fréquemment plusieurs autres célébrités, dont  Henri Bernstein, Maurice Maeterlinck, Rudolph Valentino et Charlie Chaplin avec qui il se noue d'amitié.

Il chante aussi à Cannes, et à Monte Carlo, et enregistre des disques pour le label Odeon.

Entre-temps, les relations avec Razzano vont en empirant. Déjà Razzano ne chante plus de trois ans, mais la gestion des affaires que lui a confié Gardel, est sujette à caution, quelques rumeurs amplifiant la chose. Début 1930, malgré tout l'argent qu'il gagne, Gardel se trouve en grave difficulté financière. les droits qu'il devrait percevoir et ceux qu'il touche réellement sous forts différents. Le feu couve...

En 1930, il enchaine des concerts en Argentine, et à Montevideo, enregistre pour Odeon et revient vers le cinéma, tournant dix courts métrages, " Los cortos del 30 ". Cette fois-ci il s'agit de cinéma parlant et Carlos Gardel y chante. Dans un de ces courts métrages, si on observe bien la position des doigts de Gardel sur le manche de sa guitare et la même position sur celle d'un de ses accompagnateurs, on voit très bien que Gardel maîtrise l'instrument. Mais déjà là, on voit qu'il n'aime pas jouer et chanter en même temps, ce qui donnera naissance à une polémique sur ses compétences à jouer de cet instrument.

gardel palais mediterraneeLe 5 décembre, il participe à un concert avec Francisco Canaro, et embarque de nouveau le lendemain pour l'Europe. En Argentine le général Uriburu a pris le pouvoir et instaure la dictature. Carlos débarque à Nice et gagne Paris en train. En février il revient à Nice, retrouve Charlie Chaplin et surtout son vieil ami, le jockey Irineo Leguisamo, et chante au Palais de la Méditerranée, partageant la vedette avec Mistinguett.

Une anecdote restée dans l'histoire : nous sommes le 26 mars 1930, le jour de la première de Julio de Caro qui vient tenter sa chance en France, le public est de glace. Il se réveille quand il entend la voix de Gardel, et part en délire lorsque Charlie Chaplin vient au centre de la salle pour danser "El Monito", le petit singe. De Caro enchaîne, c'est un succès, sa carrière est lancée. Il vient à l'idée de Carlos de faire quelque chose, il ne sait encore quoi, avec Julio de Caro.

carlos gardel gaby morlayCarlos rentre à Paris où il est approché par la Paramount. Il y tourne le premier de ses grands films, " La luces de Buenos Aires ". La musique du film est composée par l'uruguyen Gerardo Mattos Rodriguez, l'auteur de la Cumparsita, au violon Julio de Caro, son frère au piano et Pedro Laurenz au bandonéon. Son projet s'est réalisé.

Carlos a le blues. Il n'a pas envie de rentrer en Argentine. Seule Gaby Morlay, son amour plus ou moins secret, arrive à le consoler.

Pourtant il se décide et rentre à Buenos Aires où il arrive le 20 Aout. Les problèmes autant que le succès l'y attendent. Defino lui conseille de payer toutes ses dettes et d'officialiser sa rupture avec Isabel. Carlos lui donne la charge de gérer ses intérêts, la scission avec Razzano est consommée, mais ce dernier répand en Argentine, rumeurs et désinformation auprès des amis de Carlos. Cependant sous l'égide de Defino, Carlos parvient à rétablir ses finances. La période est houleuse.

carlos gardel alfredo le peraRayon de soleil dans la tempête, Carlos Gardel rencontre dans les studios parisiens, un jeune écrivain, brésilien naturalisé argentin, Alfredo Le Pera. Carlos le charge d'écrire ses prochains scénarios, il va écrire aussi plusieurs de ses tangos parmi les plus célèbres. En attendant, les trois films prévus sont tournés dans les studios de Joinville, "Melodia de Arrabal", "Esperame" et "La casa es seria"

Pendant son séjour en France, Carlos Gardel a été fortement impressionné par le cimetière militaire, témoin de la boucherie de la grande guerre, et où avaient été enterrés quatre des huit enfants du Président Paul Doumer (lui-même assassiné en 1932). Avec son guitariste, Horacio Pettorossi pour la musique, il compose un tango mélancolique, avec Alfredo Le Pera, tango évoquant ces morts de 14-18 : " Silencio ". Le message pacifiste et bouleversant, chanté avec la voix de Gardel est un véritable succès qui fait le tour du monde.

Carlos repart une nouvelle fois en Argentine, et le 13 janvier 1933 reprend ses enregistrements à Buenos Aires, dont notamment " Silencio ", enregistrement qu'il fera un peu plus tard, le 14 février. il fait ses débuts dans la plus grande chaine radio de l'époque en Argentine, Radio Nacional. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Troilo.

Le 7 Novembre de cette année 1933, jour de son nouveau départ vers l'Europe, Carlos Gardel signe son testament olographe, c'est-à-dire entièrement écrit et signé de sa main. Le doute sur sa nationalité est ainsi levé, une première fois de son vivant. Dans son testament il déclare, en particulier ::

" Je suis français, né à Toulouse le 11 décembre 1890, de Berthe Gardés.

Je déclare expressément que mon véritable nom est Carlos Romualdo Gardés "

A Paris, Carlos Gardel végète un peu. Pas de nouvelles proposition de cinéma. En fait, il rêve de New-York et ses projets s'élaborent là-bas, notamment avec la Paramount. Il embarque pour les Etats-Unis, le 22 décembre 1933.

5. La consécration - New-York

A New-York les débuts à la radio sont timides. Le 29 décembre le consulat d'Argentine offre un banquet en son honneur au Ritz Carlton. La préparation est un désastre : Petorrossi est interdit de jouer, il faut des musiciens locaux, c'est la loi aux Etats-Unis ! On en trouve dix-huit, mais pas un seul bandonéon ! Gardel est furieux, l'accompagnement ne ressemble à rien, mais il chante néanmoins accompagné par... un accordéon. Malgré tout c'est un énorme succès.

carlos gardel cuesta abajoTrois mois passent et enfin, il signe un contrat avec la Paramount : six films en trois contrats de deux. Il réussit à imposer son contrôle sur les scénarios et le choix des acteurs, Alfredo Le Pera pour le seconder, et le français Louis Gasnier pour la mise en scène ! Carlos Gardel va devenir une star mondiale. Enfin !

Gardel chante dans ce film " Cuesta abajo ", " Mi Buenos Aires querido ", resté comme un des plus célèbres de ses tangos, et également "Amores de estudiante " y "Criollita decí que sí ".

Toute la filmographie de Carlos Gardel, et plus de détails ici : cliquez

Le film est un énorme succès et permet à Carlos de partir revoir sa mère en France... et une mystérieuse amie à Paris... En octobre il est de retour à New-York. Il en profite pour régler ses comptes auprès des calomniateurs et de ceux qui l'ont trahi en Argentine. Carlos Gardel agit maintenant de façon lucide et professionnelle.

carlos gardel cuesta abajo carlos gardel cuesta abajo carlos gardel article cuesta abajo Un article qui résume la critique en Argentine, à la sortie de ce premier film tourné aux Etats-Unis : texte original, texte dactylographié en espagnol, traduction en français : cliquez sur les images pour agrandir

Il demande également à Defino d'acheter la maison des parents d'Isabel, et de lui donner au titre de cadeau de rupture définitive. Carlos Gardel, s'il reste fidèle à sa famille et à ses amis, a tiré un trait sur une partie de son passé.

carlos gardel el dia que me quierasEn décembre il tourne un film de promotion avec notamment Bing Crosby. En 1935 d'abord " El tango en Broadway " puis " El dia que me quieras " avec Tito Lusiardo, un de ses protégés. Une rencontre dans son immeuble, un gamin qui habite le même immeuble, et joue du bandonéon comme un Dieu : Astor Piazzolla, à qui Gardel fait donner un petit rôle dans le second film. On dit que Piazzolla lui servit de guide dans New-York, Gardel parlant très mal anglais... Astor Piazzolla, le petit vendeur de journaux à gauche sur la photo ci-dessous. Plus de détail ici

carlos gardel piazzolla

Les tournages se succèdent et " Tango Bar ", également réalisé en 1935, est le point culminant de sa carrière cinématographique.

carlos gardel new-york 2 carlos gardel new-york 1 Il va également enregistrer un disque avec un titre original, Armagura, mi en anglais, mi en espagnol, il l'aurait même chanté en français... Ce titre faisait partie du film Cazadores de Estrellas, les deux scènes où Carlos Gardel chantait ayant été coupées au montage, et la version espagnole a disparu...

Cliquez sur les images de la pochette du disque pour en lire le texte, et ci-dessous la version en espagnol du tango Amargura

Puis il entame une grande tournée en Amérique latine, Venezuela, Colombie, recevant un accueil délirant à Bogota...

6. La tragédie de Medellin : 24 juin 1935

Carlos Gardel part le 25 mars 1935. Il commence par l'intérieur de l'Argentine où il n'avait jamais chanté, à San Juan il est fait un triomphe pendant un mois. S'en suit Caracas, au Vénézuela où il chante à guichets fermés durant douze jours. Il part alors pour la Colombie. L'accueil à Medellin est délirant. Il part ensuite pour Bogota avec un avion de la compagnie allemande SCADTA, où un premier incident arrive à l'atterrissage : le pilote allemand, croyant à une hostilité de la foule qui se précipite vers l'avion (il est très connu et très impopulaire à cause de ses sentiments nazis), remet les gaz et finit par se poser dans un champ plus loin... Du 14 au 23 juin, il chante devant un public comble et enthousiaste. Carlos Gardel reprend l'avion mais cette fois-ci dans un appareil de la compagnie rivale la SACO... Une escale est prévue à Medellin pour faire le plein...

muerte carlos gardel la razon

muerte carlos gardel la razon

Cliquez sur l'image de gauche pour agrandir

Carlos Gardel va attendre dans un hangar proche. Des témoins disent qu'il y rencontre le pilote de la SCADTA buvant un whisky... Carlos et les autres passagers remontent dans l'avion, qui décolle, dévie de 35 mètres de son axe, plonge et va percuter l'avion allemand de la SCADTA qui attendait pour décoller.

Le choc est terrible, les deux avions se transforment en une boule de feu, très peu des passagers en réchappent, seulement trois sur un total de  deux pilotes et dix-huit passagers, Carlos Gardel meure.

Que s'est-il passé ? Enquêtes, mystères, légendes, difficile, encore aujourd'hui, de savoir exactement...

Les acteurs du drame :

carlos gardel scadtaDeux compagnies et deux pilotes que tout opposent. Deux compagnies aériennes, et d'abord la SCADTA. Compagnie colombo-allemande, mais surtout allemande, la plus ancienne de toute l'Amérique latine, et dont tout un chacun connaissait les affinités avec le régime nazi. De l'autre, la SACO, une compagnie totalement colombienne qui cherchait à s'émanciper du monopole allemand, et aux couleurs très nationalistes. Les deux pilotes s'opposaient déjà à partir de cet antagonisme. De plus, Hans Ulrich Thom, le pilote allemand aurait fait ressentir aux pilotes colombiens, mépris, racisme et dédain quant à leurs compétences. Samper Mendoza, le colombien, copropriétaire de la SACO, était reconnu comme un pilote brillant et ne supportait pas le côtécarlos gardel saco "colonialiste" et quelque peu raciste, de son homologue allemand. L'affrontement était inévitable..

Déjà, deux jours avant le tragique accident, le 20 juin, Hans Ulrich Thom avait survolé en faisant des acrobaties dangereuses, l'avion de Samper Mandoza, et plainte avait été déposée. Que ce dernier ait eu envie de lui rendre la pareille, n'aurait rien eu d'étonnant.

Les avions et les conditions de décollage :

Les deux avions sont quasiment identiques, deux Ford trimoteurs, modèle 5-AT-B pouvant embarquer douze passagers, voire quatorze. Le premier, de la compagnie allemande et baptisé "Manizales", outre le pilote et le copilote, transporte le jour de l'accident, 7 passagers : aucun survivant. Le second, l'avion de Gardel transporte 13 passagers, seulement 3 vont survivre. Contrairement à des rumeurs, aucun des avions n'est en surpoids.

L'avion de Gardel doit décoller le premier. Il le fait avec vent arrière, ce qui est encore autorisé à l'époque. L'avion de Hans Ulrich Thom doit attendre en bout de piste.

carlos gardel avion medellin

La dernière photo de Carlos Gardel

Le crash

L'avion de Mandoza, décolle, quitte son axe et plonge vers l'avion de la SCADTA. Le crash est inévitable. Les pilotes et passagers du Manizales allemand restent coincés sous l'autre appareils, les survivants de l'appareil de Mendaza frappent aux fenêtres et tentent d'échapper à la boule de feu. Seuls 3 passagers sur les 24 protagonistes du drame vont survivre. Un quatrième dénommé Azaff qui lui aussi avait réussi à s'extraire de l'avion, meurt peu de temps après son transfert à l'hôpital. Deux des guitaristes de Gardel ont réussi à sauter, Riverol gravement blessé et qui décèdera 48 heures plus tard, et Jose Maria Aguillar, survivra et ne décèdera qu'en 1951. Un autre personnage, assez étrange, survécut également : le commissaire de bord, Grant Flynn. Le corps de Carlos Gardel a été facilement identifié grâce à plusieurs objets n'ayant pas ou que partiellement brûlé, mais surtout à deux indices indiscutables : ses prothèses dentaires, et la balle dans le poumon qu'il avait reçu 20 ans plus tôt, le 10 septembre 1915 au Palais de Glace. Sa découverte lors de l'autopsie donna lieu dans un premier temps, d'ailleurs, à de nombreuses hypothèses plus ou moins farfelues n'ayant rien à voir avec la réalité.

avion carlos gardel medellin

Les appareils après le crash

Les causes de l'accident

En fait il est probable qu'on ne saura jamais exactement. Les diverses hypothèses :

- un vent latéral trop violent. Il aurait fait dévier l'avion de Mendoza de sa course, mais l'hypothèse a été réfuté par les experts, le vent ce jour là aurait pu au maximum faire dévier l'appareil de Mendoza de 15 mètres et non de 35, comme ce fut le cas.

- un appareil surchargé. Les témoignages divergent. Jose Maria Aguillar, un des survivants, parle de surcharge, mais ce contredit dans ses témoignages. Après enquête, il restait une "réserve de poids" de l'ordre de 800 kg pour l'appareil de Mendoza, mais si chaque passager embarquait 10 kilos en surpoids, pratique courante et absence totale de contrôle sur ce type d'avions et de trajet...

- le rideau de Carlos Gardel. Celui-ci se déplaçait toujours avec un un énorme rideau sur lesquelles étaient inscrites les lettres C et G, et qui servaient de toile de fond. Le rouleau qui faisait 10 mètres de long, ne pouvait entrer dans la soute, et était de ce fait posé à terre dans la cabine des passagers. Si dans le cas d'un piqué, son arrimage s'était avéré insuffisant et que le rouleau s'était déplacé brutalement vers l'avant de l'appareil, cela aurait pu être suffisant pour le déstabiliser et compromettre son redressement, voire percuter le pilote en pleine manœuvre.samper mendoza

- une vengeance stupide. Samper Mendoza était furieux contre Hans Ulrich Thom, et voulait lui rendre la monnaie de sa pièce, suite à l'intimidation subie quelques jours auparavant. Pour des raisons autres, la manœuvre aurait mal tourné.

- l'aptitude à piloter. Samper Mendoza était non seulement un pilote chevronné, mais reconnu comme un as dans sa spécialité. Mais quelques témoins assurent l'avoir vu fortement alcoolisé pendant le ravitaillement de son appareil. En outre, il ne disposait pas d'un véritable copilote pour l'assister, juste d'un jeune homme, William B. Foster, tout juste âgé de 18 ans et qui débutait dans l'aviation. Si Mendoza avait été hors d'état de piloter, il n'aurait pu prendre le relais.

- le coup de feu. Aguillar dans son témoignage fait état d'un coup de feu. Contrairement à certaines hypothèses, l'autopsie montra qu'un projectile était entré dans la tête de Mendoza, mais par en dessous, donc non tiré depuis l'intérieur de l'avion. Par ailleurs le copilote de l'appareil allemand avait été retrouvé un bras sorti de l'appareil et tenant un pistolet à la main, une douille par terre... Certains parlent d'un pistolet de signalisation...

LL'hypothèse que l'on peut formuler : Samper Mendoza aurait voulu rendre la pareille à Hans Ulrich Thom et laver son affront. Le copilote de ce dernier aurait tiré en l'air avec un pistolet de signalisation pour l'intimider. Malheureusement le projectile aurait atteint Mendoza pendant la manœuvre de redressement. A noter : le corps de ce dernier a été retrouvé dans la position caractéristique d'un "spasme cadavérique" correspondant à la bonne manœuvre de redressement de l'avion.

Silence officiel et zones d'ombre

La réaction d'abord sur place mais aussi dans toute la Colombie fut un déchainement contre l'entreprise allemande. Sur place la foule en colère s'en pris avec violence au personnel allemand de la base. Le lynchage fut évité de justesse. La presse et les journalistes se déchainent. L'un deux,  Fernández Botero, écrit : " Samper Mendoza nous a libéré de l'impérialisme aérien". Un autre, Roberto Quintero, renchérit : " Samper ou l' "Homme condor" a brisé les chaînes de la haine de l'impérialisme et a offert à la patrie une nouvelle et glorieuse liberté ". Juan B. Mery va plus loin : " Pour moi Ernesto Samper Mendoza devrait figurer dans la conscience colombienne à côté du Libertador Bolivar.

monument carlos gardel medellinL'affaire prend une tournure diplomatique quelque embarrassante vis-à-vis des autorités colombiennes, qui, malgré des reproches cinglants faits à leurs homologues allemandes, préférèrent donner à l'enquête une tournure confidentielle, et privilégier l'hypothèse d'un coup de vent violent. Cette hypothèse a depuis été considérée comme impossible. A noter qu'à la différence de l'Argentine, la Colombie, dès 1941 (Pearl Harbor), rompit ses relations diplomatiques avec les forces de l'Axe, et rentra activement dans le conflit en 1943, en particulier présente dans la lutte anti sous-marine.

Une des conséquences législative de cet accident, fut la promulgation d'une loi obligeant les entreprise étrangères à employer au moins 25% de Colombiens les 5 premières années, 50% les cinq années suivantes, et 75% après. Epilogue de l'histoire la SCADTA arrêta ses activités au moment de la guerre de 40, et après la guerre et elle sera saisie par legouverment colombien qui la fit fusionner avec la SACO pour devenir la Aerovias del Continente Americano, ou Avianca, compagnie aérienne totalement colombienne... mais aussi avec des capitaux de la Pan Aamerican Airway... voir plus loin.

Comme le souligne Terencio Spaini qui a consacré 30 ans de sa vie à enquêter sur cet accident, un des personnages clé de cette histoire est le mystérieux Grant Flynn. Commissaire de bord pendant le vol, il se tenait assis près de la porte, souvent ouverte lors du décollage, et a pu sauter et se sortir indemne de l'accident. C'est le témoin le plus fiable, autant par ses connaissances techniques que dans la position dans l'appareil, position d'où il voyait l'ensemble de ce qui pouvait s'y passer. Ce témoin capital aussi après l'accident a totalement disparu sans laisser la moindre trace... Des intérêts géopolitiques étaient en jeux, et sans doute que son témoignage aurait pu être gênant... On ne saura jamais.

carlos gardel avianca

Dernier acteur dans ce "silence", la Pan American Airways qui possédait en sous-main, 80% de la Scadta, mais était sous la pression du gouvernement américain pour remplacer tout le personnel allemand de cette compagnie : il est possible que Etats-Unis et Colombie aient trouvé avantage à une certaine discrétion dans l'enquête, à ne pas charger la Saco au niveau des responsabilités, et permettre l'évolution ultérieure de la compagnie... d'autant que les négociation entre la Colombie et les Etats-Unis s'annonçaient déjà longues et difficiles pour arriver à la création de la compagnie Avancia.

En Argentine

C'est un deuil national ! Une immense catastrophe ! On ne joue ni de danse de tango pendant 24 heures. Le gouvernement demande à la Colombie des explications officielles. Il faut vite rapatrier le corps. Aussitôt une " Commission " se crée pour faire venir les restes de Carlos Gardel. Armando Defino embarque pour la France pour prévenir " Doña Berta ", la mère de Gardel et tout deux quittent Toulouse, et rejoignent Marseille pour prendre le premier bateau à destination de l'Argentine. Ils embarquent le 23 juillet sur le vapeur Campana. En Colombie les tracas bureaucratiques font que les restes de Gardel, enterrés au cimetière San Pedro de Medellin, ne sont exhumés que le 18 décembre...

débarquement cendres carlos gardelCommence alors un curieux voyage, la légende de Carlos Gardel n'est pas terminée. Onze étapes pour atteindre le port de Buenaventura le 29 décembre ! 4 étapes en train, 4 étapes en voiture... et 3 étapes à dos de mulet ! Dix jours ! Mais ce voyage extravagant n'est pas terminé. Pour aller de Buenaventura à Buenos Aires, les restes funéraires passent par le canal de Panama, mais après par... New-York, avant de redescendre vers Rio de Janeiro, Montevideo et enfin Buenos Aires. Presque deux mois ! Le voyage est suivi jours après jours par tous les argentins, ce qui fait supposer que le gouvernement y est pour quelque chose dans ces retards incompréhensibles : un accord très sensible sur le commerce de la viande avec les Etats-Unis et l'Angleterre est compromis jusqu'à provoquer un assassinat en plein Sénat argentin. Il fallait détourner l'attention du public... C'est une théorie...

Les restes arrivent enfin à Buenos Aires, le 5 février 1936. Entre 20 et 40 000 personnes sont sur le quai à attendre le navire. Un carrosse funèbre tiré par six chevaux emmène les restes de Carlos jusqu'à Luna Park, le plus grand stade couvert d'Amérique du Sud. Les restes y seront exposés et y passeront la nuit. Le lendemain, ils seront convoyés jusqu'au cimetière de la Chacarita où il sont enterrés au Panthéon des Artistes.

Mais l'histoire n'est toujours pas finie !

cortège funèbre carlos gardel

En décembre 1936, les autorités décident d'attribuer à la dépouille de Carlos Gardel une double parcelle spécifique. Le 7 novembre de 1937, les restes de Carlos Gardel sont une nouvelle fois exhumés et enterrés devant plus de mille personnes sous l'actuel mausolée. 28 mois après sa mort, Carlos Gardel peut enfin reposer en paix. Quelques images impressionnantes de son enterrement, dans le clip ci-dessous :

   carlos gardel alma que canta   

Aujourd'hui, plus de 80 ans après sa mort, son mausolée est toujours un lieu de pèlerinage, et une tradition s'y est instaurée : Carlos Gardel était un amoureux du tabac et fumait beaucoup. Traditionnellement les porteños, comme les touristes, allument une cigarette et la glisse entre les doigts de sa statue.

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7. Qui était l'homme vraiment ?

Caractère : de tous ceux qui l'ont connu, les témoignages concordent : Carlos Gardel était sympathique, facile à aborder, enjoué, et aimant faire des plaisanteries, voire des farces.

Carlos Gardel avait deux passions : les courses et le tabac, cigarettes et particulièrement les cigares

carlos gardel largaronPour les courses, il n'en loupait pas une, toujours sa fidèle paire de jumelles à la main, et aussi son éternel cigare. Il enregistra, en 1927 un disque plus spécialement consacré, pour ses principaux titres, au monde de la course (disque réédité en vinyl, en 1973).

Leguisamo solo

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Palermo

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Peu porté sur les extravagances, il s'était fait faire néanmoins, un briquet en or, par un joaillier parisien, et gravé à son nom. Autre petite entorse à sa forme de vie relativement peu exubérante, il affectionnait son coffret à cigare, dans le plus pur style de l'époque, réalisé en France dans différentes essences de bois de madère, et avec ses initiales en or gravées sur le couvercle. Il le garda précieusement dans la maison de sa mère, rue Jean Jaures.

briquet de carlos gardel      coffret cigares carlos gardel

Sa passion pour le tabac fut à l'origine de la tradition de la cigarette toujours allumée, sur sa statue au cimetière de la Chacarita

carlos gardel aristote onassisUne anecdote : un adolescent, petit immigré grec réfugié de Turquie, gagnait un peu d'argent en faisant traverser le Rio Riachelo, à La Boca. Ayant réussi à entrer à la poste comme télégraphiste, il écoute les ordres de bourse, ce qui lui donne l'idée de monter un petit commerce d'importation de tabac, activité d'origine de sa famille. Dans un café où il travaille comme serveur en parallèle, il rencontre Carlos Gardel. Ils parlent tabac, la passion du chanteur, et sympathisent. Carlos Gardel propose spontanément et sans contrepartie à ce jeune homme d'utiliser son réseau et ses relations pour développer son petit négoce. Le jeune homme fait fructifier son affaire, achète un premier bateau pour importer le tabac, puis toute une petite flottille, puis un premier pétrolier, puis toute une flotte et devient milliardaire. Il vivra un grand amour avec La Calas et épousera Jacqueline Kennedy, la veuve du président des Etats-Unis. Il s'appelait Aristote Onassis !

carlos gardel cigare 1    carlos gardel cigare 2    carlos gardel cigare 3

Combinaison de ses deux passions, ici en compagnie de son ami jockey Leguisamo, et avec son éternel cigare

carlos gardel charlie chaplinFidèle en amitié, il conservera toujours des relations avec ses amis uruguayens, comme avec ceux de Buenos Aires, avec les musiciens et ses compagnons. Le Prince de Galles ou le président Gaston Doumergue veulent le rencontrer, de nombreuses vedettes, comme Charlie Chaplin ou Joséphine Baker, recherchent sa compagnie. Sur la photo ci-contre on voit Carlos Gardel et Charlie Chaplin, côte-à-côte, dans la maison à Nice, de la protectrice de Gardel, Mrs Wakefield. Mais un de ses proches les plus fidèles, c'était le jockey, Irineo Leguisamo. Carlos Gardel avait une véritable passion pour les chevaux et les courses, et il restera en contact permanent avec Irineo jusqu'à la fin de sa vie, l'emmenant avec lui en France, visitant Nice et Paris, puis ensuite l'Espagne.

Sur la photo ci-dessous, on voit Carlos Gardel qui fait semblant de jouer du bandonéon, et son ami Leguisamo faisant de même à sa droite (ni l'un ni l'autre ne savait en jouer, mais c'était le genre de blague que Carlos Gardel affectionnait) ; la photo fut prise en 1933 deux ans avant sa mort.

carlos gardel bandoneon

Gardel était un homme raffiné. Il aimait à être bien habillé, y compris pour chanter. Toutes les représentations en France où il apparaissait habillé en gaucho, n'étaient rien d'autre que l'obligation de satisfaire aux réglementations françaises, imposées par le syndicat des artistes, qui obligeait les étrangers se produisant en France à porter le costume traditionnel de leur pays. Ceci avait fait dire à un des amis de Gardel : " j'ai vu bien plus de gauchos à Paris que dans toute l'Argentine ". Gardel préférait de loin le traditionnel costume croisé.

carlos gardel isabel valleSon élégance et sa renommée attirait les femmes. Quel type de femmes avaient sa prédilection ? Il avait un jour répondu à la question : " Je préfère les femmes latines sans aucun doute, qui, de la même race que moi, comprennent mieux mon tempérament ; mais toutes les femmes séduisantes, intelligentes m'attirent. Même, les femmes anglo-saxonnes, qui ont la réputation d'être froides et calculatrices, quand elles rencontrent un homme qui les comprend, sont alors comme les latines. " On pourrait croire à l'entendre qu'il multipliait à l'envie, les aventures, mais ce qui n'était pas le cas.

La première dans sa vie fut Isabel Valle. Elle a quatorze ans quand elle rencontre Gardel qui en a vingt de plus. Leur relation durera longtemps sans que jamais il ne l'épouse, mais la séparation fut longue et compliquée, et couta beaucoup d'argent à Carlos. Durant cette période, Carlos Gardel avait eu en parallèle, une relation avec une dénommée La Ritana.

carlos gardel gaby morlaix On lui attribua également une relation amoureuse avec l'actrice Monica Maris. Celle-ci a prétendu être celle que Gardel aimait, tout en restant dans l'ambiguïté ; les témoins de l'époque parlaient, eux, d'une simple aventure. Sa relation plus tard avec sa protectrice, la baronne Sally Wakefield, propriétaire de la société Craven A., donna lieu à quelques suppositions...

Pendant son séjour à Paris, Carlos Gardel vécut une grande histoire d'amour avec la célèbre actrice Gaby Morlaix. De nombreuses femmes, par ailleurs ont prétendu être la maîtresse ou le grand amour de Carlos, mais comme l'avait dit un jour, Isabel del Valle : " Carlos solo estaba casado con la cancion ", Carlos n'était marié qu'avec la chanson..

On pourrait rajouter   " et avec sa mère ".

8. Un résumé de son œuvre

On dit que c'est avec Carlos Gardel que le tango chanté est né. C'est historiquement inexact, mais il est indéniable que c'est avec lui que le tango chanté a connu une gloire et une reconnaissance mondiale. De partout sur la planète, les paroles de ses tangos ont eu une résonnance et suscité un intérêt qui n'avait jamais existé auparavant dans l'histoire du tango, sans doute à cause de la barrière de la langue dans les pays non hispanophones. Cette même barrière, paradoxalement, ne fut jamais un obstacle pour Carlos Gardel, au point même que lorsqu'il fit la tentative de chanter en français, ses auditeurs lui disaient : "non, chante en espagnol, on ressent beaucoup plus l'émotion". C'était là sans doute son secret, plus que les paroles souvent très simples, Carlos Gardel faisaient passer une émotion intense avec un talent inégalé.

carlos gardel madame yvonneC'est aussi le chanteur de tango qui a le plus été marqué par Paris : plus de vingt-huit tangos créés et/ou enregistrés par lui, évoquent la capitale : Araca Paris, Anclao en Paris, Oh Paris, Una noche en el Garrón, Muchachita de Montmartre, Nochez de Montmartre, etc...

Et le dernier tango enregistré à Buenos Aires fut le célèbre Madame Yvonne évoquant encore et toujours, Paris...

=► Sa filmographie :

Au cinéma, le succès fut mondial, autant pour les films que pour les chansons associées. Une page entière de ce site est consacrée aux films de Carlos Gardel, qui ont une place prépondérante dans l'histoire des films de tango :

carlos gardel filmographie

=►  Sa discographie :

Carlos Gardel composa ou participa à la composition de 119 morceaux, cifras, folklore, vals, milongas et tangos. Entre 1912 et 1935, Carlos Gardel enregistra en outre, près de 1500 titres. Ses plus célèbres sont : Mi noche triste (1917) ; La ultima copa (1927) ;  Tomo y obligo (1931) ; Silencio (1932) ;  Mi Buenos Aires querido (1934) ; Volver (1935) ; Por une cabeza (1935) ; parmi tant d'autres...

Mi noche Triste

Letra / Paroles

La ultima copa

Letra / Paroles

Tomo y obligo

Letra / Paroles

Silencio

Letra / Paroles

Mi Buenos Aires querido

Letra / Paroles

Volver

Letra / Paroles

Por una cabeza

Letra / Paroles

Et, en choix personnel : un tango évoquant l'ambiance encore si particulière de Montmartre en 1932

Noches de Montmartre

Letra / Paroles

=►  L'ensemble de sa discographie :

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discographie carlos gardel 1   discographie carlos gardel 2   discographie carlos gardel 3   discographie carlos gardel 4   discographie carlos gardel 5   discographie carlos gardel 6

=►  Quelques photographies :

Cliquez dessus pour agrandir les photos

photo carlos gardel   photo carlos gardel   photo carlos gardel   photo carlos gardel   photo carlos gardel

photo carlos gardel   photo carlos gardel   photo carlos gardel   photo carlos gardel  

Si de nombreuses peintures et mosaïques ornent les murs de la ville, le métro de Buenos Aires, el Subte, honore lui-aussi Carlos Gardel, qui a même une station qui porte son nom, à côté d'Abasto

carlos gardel murs metro  carlos gardel murs metro  carlos gardel murs metro  carlos gardel murs metro

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Les postes argentine et uruguayenne ne sont pas en reste, bien sur

carlos gardel murs metro carlos gardel murs metro carlos gardel murs metro carlos gardel murs metro carlos gardel murs metro

De très nombreux artistes peintres croquèrent Carlos Gardel

carlos gardel uribuuru  carlos gardel sabat  carlos gardel kaplan  carlos gardel savio

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Y compris dans le monde du Fileteado Porteño, cet art spécifique de Buenos Aires

carlos gardel fileteado porteno  carlos fileteado maestro papito  fielteado carlos gardel  fielteado carlos gardel   carlos gardel fileteado gervasi

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botica del angel borges carlos gardel botica del angel  Et quel étonnant puzzle de près d'un mètre de haut, dans la Botica del Angel, (Marina Bondarenko, excellentissime danseuse de tango, debout devant la porte). Il est constitué d'une multitude de petites photographies, et l'effet vu à une certaine distance, est vraiment stupéfiant.

Cliquez sur ces images pour pouvoir les agrandir

=► Une bibliographie (extraits) :

Vida de Carlos Gardel contada por José Razzano y escrita por Francisco García Jiménez” (Buenos Aires 1946) ; réédité sous le titre “Carlos Gardel y su época” (Corregidor 1976)

"Carlitos Gardel, comonunca se vio" (Revista Gente 1977)

"L'âge d'or du tango, Carlos Gardel" Edmundo Eichelbaum (Editions Denoël 1984)

Carlos Gardel y los autores de sus canciones”. Orlando Del Greco. Ed. Akian, 1990

Alfredo Le Pera. El Poeta Brasilero de Gardel”, de Martín Correa. Ed. De l'autor. Uruguay 1993 et 1995

"Carlos Gardel, en imagenes" Roberto Daus (Almandra Music, Espagne 1998)

Carlos Gardel. Encuadre Histórico” (Ed. Corregidor, 2001 et 2003)

Carlos Gardel. Sus Antecedentes Franceses” co-auteurs Monique Ruffié et Georges Galopa ; traduction en français (Ed. Corregidor, 2007) et “Carlos Gardel, controversia y punto final” co-auteur Georges Galopa (Corregidor, 2010)

José Razzano. De la sombra al protagonismo”. Carlos Ríos et Javier Penelas. AqL, 2010

=►  Un musée à visiter, rue Jean Jaures, à Buenos Aires :

musée carlos gardel buenos aires    carlos gardel rue jean jaures buenos aires

https://www.buenosaires.gob.ar/museocasacarlosgardel/exposiciones/exposicion-permanente 

      

=►  Se promener dans Toulouse :

statue carlos gardel toulouse  monument carlos gardel toulouse  maison naissance carlos gardel toulouse

=►  Et des liens à suivre :

http://suramericana.free.fr/carlos-gardel/menu.htm

http://museolibrogardel.blogspot.com/2017/07/articles-en-francais.html

https://fundacioncarlosgardel.org/

            photo lescarret carlos gardel buenos aires           

carlos gadel el zorzal

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