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Les Gauchos : à la fois véritable symbole d'une identité nationale, et mythe construit autour de la sacralisation d'un sociotype autrefois méprisé , les Gauchos n'en finissent pas de hanter l'imaginaire, non seulement des Argentins, mais aussi de tous ceux qui idéalisent une certaine idée d'indépendance, de courage, de liberté, et de révolte contre les Etats, considérés à la fois, comme centralisateurs et oppresseurs. Mythe ou réalité ? Comme toujours une part de vérité est à l'origine du rêve.

 

- Les premiers Gauchos

- Les convois de charrettes

- Un peu de vocabulaire

- Premières transformations de la Pampa

- Los Montoneros

- De la Pampa à la dictature

- Fin d'une époque

- Fabrication d'un mythe

- Martin Fierro

- Vus par les voyageurs venus d'Europe

- Epilogue

 

Le survol d'une épopée qui dura près d'un siècle, et qui survit encore dans l'imaginaire de tout un peuple, et même ailleurs dans le monde.

 

 

 

 

Les premiers Gauchos

 

En 1536, Pedro de Mendoza, débarqué à Santa Maria de los Buenos Aires, en repart en laissant derrière lui 72 chevaux, qui retournés à l'état sauvage, vont proliférer dans la pampa. C'est le début, dans ce qui deviendra l'Argentine, d'une autre mode de vie. Juande Garay, refondant Buenos Aires en 1580, pour la deuxième fois, introduit 200 bovins, la future richesse du pays.

Troisième élément déterminant, les rapports entre les Blancs, les Noirs (les esclaves) et les Indiens sont fondamentalement différents en Argentine, par rapport au reste de l'Amérique du Sud : les métissages sont nombreux. Mélange de Blancs sans fortune, de Noirs et d'Indiens, les premiers Gauchos apparaissent, simples vagabonds et voleurs de bétail. Leur uniques richesses : leur cheval, un lasso, les boleadoras qu'ils ont emprunté aux Indiens, et leur couteau le facon. On ne les appelle pas encore Gauchos, mais Guacho ou Huacho, nom issu de la langue Quichua, qui signifie bâtard.

 

Créoles en rupture de ban familial ou déserteur de l'armée, ils se métissent avec les Indiennes. Ils sont inséparables de leur "Cimarrón", ce cheval sauvage qu'ils ont domestiqué et dressé, pour ne faire plus qu'un avec lui. Sans domicile fixe, ils parcourent des lieux à cheval d'un bout à l'autre de la pampa. Pour se nourrir, ils volent ou prélèvent la viande sur les immenses troupeaux qui s'y sont formés. Pour les hommes de la ville, ils représentent ce que l'on appelle alors "le retour à la Barbarie".

Le commerce et la contrebande des peaux, leur procurent quelques revenus. Commanditées par les revendeurs de la ville, des "Vaquerias", réunissent quelques Gauchos qui, dans la journée vont tuer et dépecer sur place, plus d'une centaine de bovins. Le maté, adopté des Indiens Guaranis, et l' "Asado", viendront en fin de journée réconforter les hommes. Le reste de la viande pourrira où nourrira les rapaces. Capture de mulets, massacre d'étalons (dangereux pour les troupeaux de juments), vente de peaux, sont les activités habituelles du Gaucho, qui travaille et vit dans la Pampa, s'abritant le plus souvent sous une simple peau de vache. La difficulté du métier, les multiples dangers à affronter, la résistance extraordinaire nécessaire pour accomplir ces tâches, espacées entre-elles par des journées entières à cheval, fait que ne survivent que les plus forts et les plus courageux.

Ce trait de caractère, sera, une des composantes principales à l'origine du mythe du Gaucho.

Les convois de charrettes

Convoi de charrettes en 1866

Comme dans l'ouest Américains, les colons, fonctionnaires, commerçants et paysans s'organisent en convois pour résister aux attaques des Indiens. Les "carretas", traversent ainsi des plaines immenses, et les Gauchos sont souvent engagés pour assurer la protection et alimenter en viande les convois. En effet, leur progression est extrêmement lente, et les voyages durent de plusieurs jours à plusieurs semaines. Prélever la nourriture "sur place" est à la fois un impératif et une solution de facilité.

Un peu de Vocabulaire

 

Alambradas : fils de fer barbelés

Asado con cuero : viande grillée avec son cuir

Boleadoras ou "Las tres Marias", boules de pierre gainées de cuir et reliées entre-elles que les Indiens Guaranis lançaient dans les pattes des animaux pour les faire trébucher et les attraper. Elles furent adoptées par les Gauchos

Bombilla : objet de tradition Indienne ayant la forme d'une sorte de paille, parfois en argent du Pérou, et servant à boire le Maté

Bombacha : Après la guerre de Crimée, en 1856, Napoléon III vendit ses surplus militaires, et le général Urquiza équipa les gauchos-soldats du pantalons large, ancien uniforme des zouaves des armées Turques et Françaises. Les gauchos l'adoptèrent immédiatement du fait de son grand confort pour monter à cheval. Les bottes apparurent à la même époque, c'est à dire assez rapidement, même si la bombacha reste dans l'imaginaire le pantalon type du gaucho.

China : femme du gaucho. Celui-ci ne se marie pas, n'a aucune notion de fidélité, et considère la femme comme simple objet de plaisir. Avoir un enfant peut le ramener de temps à autre vers le même lieu.

Cimarrones : chevaux nés en liberté

Desjarretadero : longue canne prolongée par un couteau recourbé, qui permettait au Gaucho de couper, au galop, le jarret du bétail. Il revenait ensuite à pied pour l'achever.

Estancia : grande propriété agricole d'élevage du bétail

Facon : le couteau du Gaucho, sert au travail et au combat.

Garbancillo : plante qui rend fou et tue les chevaux

Gaucho : de "Garrucho" mot Portugais signifiant : bandit armé, ou de "Guacho", bâtard en langue Quichua

Gauderios : Gauchos devenus employés et marquant le bétail d'estancias en estancias

Hidalgo : vient de "Hijos de algo", littéralement" fils de quelqu'un. Petit noble Espagnol

Leche de Tigre : rhum local très fort

Machisme : culte de la virilité poussé à l'extrême et dans tous les domaines de la vie sociale

Matambre : littéralement "tuer la faim", viande grillée

Montoneros : viens de "monton" : un tas, une masse. Désigne les groupes de Gauchos soldats qui dénoués de toute tactique militaire, chargeaient en masse et en désordre, mais avec une redoutable efficacité. Ce nom sera repris, plus tard en 1974, par les jeunesses péronistes armées, d'idéologie à la fois révolutionnaire, populiste, et anti-impérialiste. Ils choisirent ce nom en référence au Caudillo Angel Vicente Peñaloza, le fameux "El Chacho" (ou Chaco) dont on parle plus loin, symbole de la résistance à la dictature de Buenos Aires.

Pulperia : sorte d'épicerie qui servait de lieu de réunion et où les gauchos se retrouvaient pour boire et chanter

Rebenque : cravache du Gaucho              Saladero : abattoirs où la viande était salée en vue de sa conservation

Tigres : Pumas et Jaguar ainsi nommés à tort par les conquérants Espagnols          Vaqueria : chasse au bétail sauvage

 

Avec tous mes remerciements à Maedes Tur et à son gaucho préféré "Quique",

Henri de son vrai nom, et auteur de ce dessin

Son blog pour en savoir plus sur le Folklore Argentin : cliquez

Premières transformations de la Pampa

 

Una "Pelea" : duel au "Facon"  C.P. 1912 Collection D.Lescarret

 

Peu à peu les lois obligent au marquage des bœufs, et la notion de bétail évolue passant du troupeau sauvage, à la disponibilité de tous, à celui de troupeau d'élevage appartenant à un propriétaire identifié. Le commerce de la viande que l'on peut maintenant conserver grâce à la salaison, prend le pas sur celui des peaux. La façon de vivre du Gaucho s'en trouve perturbée. De renégat pourchassé par la police, il devient employé, Gauderio, même s'il garde toujours sa liberté et sa mobilité, allant d'Estancias en Estancias, au gré de ses humeurs et du travail proposé. Son goût pour la violence qui l'expose à des duels au couteau meurtriers, ne s'en trouve pas pour autant altéré. Mais les autorités commencent à surveiller ses faits et gestes : tous les trois mois, les Gauderios doivent faire signer une attestation de travail, sauf à être considérés comme vagabonds et enrôlés de force dans l'armée.

Economiquement, les deux principales ressources liée à l'exploitation de la Pampa, restent toujours le commerce de la peau et celui de la viande bovine. Les Anglais contrôlent le commerce, et l'Argentine n'est toujours pas un Etat indépendant.

Los Montoneros

 

1814 : depuis quatre ans l'Argentine a engagé son processus d'indépendance, contre les Espagnols. San Martin et le général Belgrano doivent en assurer le succès militairement. Martín Güemes est chargé de défendre la région de Salta. Manquant d'hommes expérimentés au combat il fait appel aux Gauchos, réputés pour leur force et leur bravoure, et les enrôle dans les Dragons Infernales. Dénouée de toute tactique militaire élaborée, les troupes de Gauchos attaquent en masse, d'où leur nom : les Montoneros. Leur courage fait merveille, mais aussi leur cruauté incroyable, égorgeant et torturant sans relâche. La guerre d'indépendance terminée, le pays va vivre les affrontements sanglants entre les Unitarios de la ville, et les Fédérales de l'intérieur, animés par les Caudillos des Provinces. Les Gauchos, peu enclins à subir la tutelle des citadins de Buenos Aires, mettent leurs poignards au service des Federales, d'autant qu'une loi promulguée assurant la main mise de l'Etat sur toutes les terres sans propriétaire dument identifié, les dépossèdent en fait de leur territoire de vie.

De la Pampa à la Dictature

 

Un Gaucho à la tête du pays ? Juan Manuel de Rosas n'a en fait rien d'un gaucho. Il appartient à une puissante famille, mais passe néanmoins sa vie à cheval dans la pampa. Doté d'un grand sens des affaires et mu par une ambition sans limite, il s'allie avec un autre caudillo, Facundo Quiroga, l'homme le plus puissant du pays. A la tête d'une armée composée essentiellement de gauchos, Juan Manuel de Rosas part combattre les "barbares", entendez les Indiens, mandaté par le gouvernement de Buenos aires, trop heureux de se débarrasser de lui. Entre Aout 1833 et Février 1834, les troupes des gauchos vont s'illustrer par leur courage dans les combats, mais aussi par une incroyable cruauté. Sous les yeux horrifiés de Darwin qui accompagne les troupes, il vont massacrer de sang-froid des centaines de femmes et d'enfants prisonniers, au couteau, comme à l'abattoir.

Qui sont les barbares ?

Après avoir fait assassiner son associé, Quiroga, de Rosas prend le pouvoir en Argentine. favorisant à outrance les intérêts commerciaux de ses amis, de Rosas s'attire les foudres de la France et de l'Angleterre. Ceux-ci prennent pour base Montevideo, et la France organise le blocage de l'estuaire du Paraña en 1837. De Rosas se lance alors à l'assaut de Montevideo, à la tête d'une troupe de 8000 gauchos. En face de lui, en des Urugayens, la légion étrangère Française créée pour la circonstance, et 600 Italiens, habillées en rouge d'un certain ... Garibaldi. (Il reprendra cette couleur lorsqu'à la tête de ses fameuses "Chemises Rouges" il entreprendra l'unification de l'Italie")

La période du général dictateur de Rosas sera marquée par de nombreux autres conflits, les Gauchos s'entre-tuant suivant qu'ils épousaient le parti des Unitarios et des Fédérales, de Rosas ou des amis de Quiroga.

Fin d'une époque

 

Qui pourrait penser que l'homme le plus courageux et barbare allait être déstabilisé dans sa manière de vivre par l'animal le plus doux et pacifique : le mouton ? Importé d'Allemagne, son élevage a proliféré, et il plus facile de gagner de l'argent en les laissant tondre l'herbe en liberté et en vendant la laine, qu'en vendant la viande de bœuf ou les peaux. Cette nouvelle activité, même si elle subira plus tard un recul avec l'arrivée de la technique de conservation frigorifique de la viande bovine, empiètera un peu plus sur le domaine réservé des gauchos, déjà perturbé par le passage du statut d'homme libre à celui de simple employé.

Le marquage des bœufs et l'arrivée du barbelé mettra fin à la grande liberté sur la Pampa. Malgré une résistance farouche des Gauchos qui arrachent les piquets la nuit, l'importation du fil de fer barbelé grandira de façon exponentielle : 10 000 Tonnes/an avant 1890 ; 100 000 Tonnes/an en 1906. Autre grande perturbation dans la Pampa : l'arrivée du chemin de fer. Implanté par les Anglais, il va réduire les grands convoyages de troupeaux, et de ce fait l'utilité des Gauderios. Là aussi les Gauchos essayèrent de résister, attaquant les trains de façon dérisoire avec leurs boleadoras ou ... au lasso.

       

Sur cette carte postale, on aperçoit les barbelés, première entrave à la liberté du gaucho.

"Buena parte de la tierra está cercada por alambradas, una innovación moderna que fastidia mucho a los gauchos de pura raza, que desde tiempos immemoriales están acostumbrados a galopar del dia o de boche en cualquier dirección, tan lejos como les plazca."

Thomas Hincliff

Devenus le plus souvent soldats dans les guerres fratricides entre Unitarios et Federales, les Gauchos vont là aussi se faire rattraper par la modernité. Le général Sarmiento, dont les forces sont équipées de matériel moderne importé d'Europe, écrase et massacre les derniers Gauchos fidèles à El Chacho, le vieux caudillo qui contrôle les provinces de Mendoza et de San Juan, en Octobre 1863. L'armée Nationale du Président Bartolome Mitre finit de façon systématique le massacre des Indiens et des Gauchos dans le pays. C'est la fin d'une époque.

En 1875, lors de la construction du " Fossé d'Alsina " (2,60 mètres de large, 1,75 mètre de profondeur et prévu sur 400 km), sorte de "ligne Maginot" isolant les Indiens et la Patagonie du reste du pays, on enrôla de force les Gauchos survivants comme ouvriers, puis comme soldats dans les fortins séparant les zones "pacifiées" du reste du pays et dans les différentes campagnes de la "Conquête du Désert" visant à coloniser tout le Sud du pays. (voir Alfred Ebelot)

Les ultimes Gauchos, survivants en Patagonie, et toujours en rébellion contre le pouvoir central, finiront par être exterminés au début des années 1920.

Fabrication d'un mythe

 

Comment le Gaucho, vu comme une brute sanguinaire, un rebut de la société, un "barbare" condamné pour sa cruauté et sa violence, un égorgeur de femmes et d'enfants, est-il devenu un véritable mythe, quasiment un emblème de la Nation Argentine ? Certes son courage sans limite avait forcé l'admiration, mais était-ce suffisant ? Surement pas, d'autant que de Rosas avait fortement écorné l'image "assagie" du Gaucho qu'il prétendait être. Un ouvrage au vitriol, intitulé "Civilización y barbarie", écrit par le professeur de philosophie Sarmiento, futur Président, assimilait désert (la Pampa) et barbarie. Le Gaucho y était présenté comme une brute, inculte et cruelle, opposée à toute forme de civilisation, à l'opposé du citadin avenir de la Nation. Ce livre restera longtemps caractéristique de la perception par les gens des villes, de la personnalité des gauchos.

 

Cette vision était-elle conforme à la réalité ? La littérature Argentine se partagea entre détracteurs et thuriféraires. Joaquim V.Gonzales, Milciades Alejo Vignati, et Emilio A.Coni d'un côté, Bartolomé Hidalgo, Hilario Ascasubi, Estanislao del Camp, Ricardo Guiraldes de l'autre, allaient, idéaliser ou prôner, autour du Gaucho et suivant leur appartenance à l'un ou l'autre "camp", la primauté de la ville sur la campagne ou inversement, le criolisme contre l'immigration, et le nationalisme naissant.

Il est à noter que toute la littérature "gauchoesque" a été le fait d'intellectuels de la ville.

De ce combat historique, idéologique et littéraire, allait sortir vainqueur ... un certain Jose Hernandez ...

 

Martin Fierro

 

Publié de façon totalement inaperçue, en 1872, Martin Fierro, poème de 2316 vers, raconte les malheurs d'un soldat gaucho, enrôlé de force dans les troupes gouvernementales pour guerroyer contre les Indiens. L'auteur, Jose Hernandez, comme son œuvre, ne susciteront que mépris et indifférence dans la population Portègne. Dans la Pampa, la résonnance fut différente. Propagé par les Payadores, les troubadours gauchos, les malheurs de Martin Fierro symbolisent ceux qui, dans les campagnes subissent les injustices et le pouvoir de "ceux de la ville". Le récit raconte, en la symbolisant, la perte de la liberté, confisquée par le pouvoir de l'argent et du politique. Tout un symbole qui perdurera dans l'Amérique Latine.

L'auteur sait de quoi il parle. Il a fuit, enfant les persécutions du dictateur de Rosas. Son frère a combattu aux côtés des soldats gauchos contre les Paraguayens. Alors journaliste, il a vu sur place l'immense misère des gauchos. Plus tard il ira combattre, lui-même, avec les Montoneros du caudillo Lopez Jordan.

3894 ! C'est le nombre de vers du second tome des aventures de Martin Fierro. Après sept ans de silence, Jose Hernandez publie la suite de ses aventures, en 1879. Comme le premier, ce second volume passe totalement inaperçu aussi bien auprès des élites littéraires, que des simples habitants de Buenos Aires. Observateur attentif, Jose Hernandez dénonce tous les préjugés de la société bien pensante, et immortalise par son œuvre l'histoire et la culture de la population criolla. Comme le premier tome, les injustices du pouvoir central et de l'armée y sont fortement dénoncées. Comme pour le premier tome, le retentissement dans les campagnes sera beaucoup plus important, le mythe est en cours d'élaboration.

L'importance et la qualité de l'œuvre de Jose Hernandez ne seront reconnues qu'un siècle plus tard. Fatigué, écœuré par la politique, malgré son élection comme sénateur, l'auteur de cette immense saga poétique sur l'histoire et la culture "gauchesque" s'éteindra de bonne heure, à cinquante deux ans, sans avoir eu la gloire et la reconnaissance qu'il méritait de part son œuvre.

Les Gauchos décrits par les voyageurs et vus d'Europe

De nombreux voyageurs ont parcouru l'argentine, et ont relaté leur étonnement en découvrant l'existence et les mœurs des gauchos. Ci-dessous quelques exemples, issus de ma collection personnelle, et de ces différents récits :

Cliquez sur les images pour les agrandir :

Le Journal des Voyages du 14 octobre 1877   article relatant une visite dans un Saladeros.

On y apprend ce que sont les capataz, desnucador, dezollador, capataz, ainsi que les coutumes en usage dans les saladeros.

 

     

Le Journal des Voyages du 11 aout 1878   en remontant le Rio Paraná.

Les mœurs des gauchos et leurs particularités. On notera sur la cuisse du cheval de couverture la marque caractéristique des gauchos-soldats du Président Juan Manuel de Rosas, lequel, en cette date, a été destitué (1852).

 

     

Le Journal des Voyages du 25 aout 1878       Paris, le Jardin d'acclimatation du Bois de Boulogne

Parmi tous les animaux arrivés d'Argentine, Guanacos, Nandous et Pumas, ce sont les chevaux qui ont le plus de succès, et surtout l'excellence des Gauchos pour leur dressage, et leur habilité à utiliser le lasso.

 

   

Le Journal des Voyages du 18 janvier 1879       De l'usage des bolas et du lasso

On y apprend également qu'un numéro de gauchos a existé, en 1848, parmi les attractions du cirque Barnum.

 

     

Giornale Illustrato dei Viaggi du 5 février 1880      les Gauchos, version italienne

     

Le Journal des Voyages du 13 aout 1899      une description assez précise du monde des gauchos

On y apprend la définition des termes : chañars, ombü, pampero, alfilerillo, tiruteros, estanciero, vaqueano, matador, lanzador, domador, peon, pâtre, rancheros, malos, calzoncillo, chilipa, faja, tirador, navaja, potro, rebemque, lazo, bolas, recado, sudadera, jerga, caroña, et pulperia. On y mentionne particulièrement les gouts du gaucho pour la musique et l'improvisation.

     

Le Journal des Voyages du 9 septembre 1906       Des mœurs des gauchos, pour dormir, s'abriter ...

     

Le Journal des Voyages du 2 décembre 1906       Dans un saladero, et ses annexes à ciel ouvert ...

     

Le Journal des Voyages du 2 aout 1908       On y apprend les méfaits romancés du gaucho malo "El Cabri", la technique de combat des Gauchos et les malheurs des soldats venus de la ville

        

Journal A l'Aventure du 7 avril 1921       Où un voyageur (au témoignage paraissant quelque peu fantaisiste), raconte le "désir fou d'avoir du sang" du gauchos en mal de victime, et que le tango se serait dansé "dans toutes les haciendas de la pampas", avant de se danser à Buenos Aires ... Il est vrai qu'entre-temps il est devenu à la mode à paris et se créer ainsi un exotisme et une antériorité de connaissance, de surcroit dans des endroits dangereux, devait plaire dans les salons ...

     

 

 

Collection D.Lescarret

Epilogue

 

Contrebalançant l'ouvrage de Sarmiento, "Martin Fierro" allait redonner fierté et légitimité à la culture criolla, et faire du gaucho le symbole du malheur des petites gens face à l'Etat oppresseur à la solde des grandes familles riches. Compte-tenu de la répartition des richesses et du pouvoir en Argentine, des exactions militaires des dictatures qui allaient suivre, tous ceux qui lutteront pour la liberté, la justice et pour une meilleure répartition des richesses, s'identifieront à Martin Fierro et aux gauchos.

 

"La ley es como la tela de la araña, atrapa a los bichos chicos y deja pasar a los grandes"

Extrait de Martin Fierro, devenu un des proverbes Argentins les plus connus :

La loi est comme une toile d'araignée, elle attrape les petites bêtes, et laisse passer les grosses.

Carte Postale1903   Collection D.LESCARRET

Revanche de l'histoire, l'œuvre de Jose Hernandez fut par la suite reconnue dans tous les milieux intellectuels d'Argentine et admirée par tous les grands noms de la littérature, avec en première ligne Jose Luis Borges, de renommée mondiale.

Les Gauchos ont disparus de la Pampa, mais ils sont entrés dans la légende. Aujourd'hui ils sont quasiment un symbole de l'Argentine et d'une forme de Paradis perdu, qui, même si cette symbolisation est très loin de la réalité historique, permet aux Argentins de s'identifier en tant que peuple et nation, et leur permet un éventuel retour vers plus de liberté et d'égalité.

 

Quelle fut l'influence des Gauchos sur le Tango Argentin ? Directement assez faible en ce qui concerna la danse : le tango est avant tout un phénomène Porteño et seuls des Gauchos urbanisés, probablement d'anciens Gauderios, c'est-à dire ayant déjà perdu leur côté nomade et spécifique, participèrent à sa création. Mais la Milonga, ancêtre fondamental dans l'histoire du tango fut, et est toujours, très diffusée dans les campagnes. De même, les poèmes chantés des Payadores, furent une grande source d'inspiration pour le tango chanté. Dans la partie "histoire de la musique" , ces notions seront explicitées. Mais même simplement au niveau de l'imaginaire, l'importance du mythe du Paradis perdu et celui de la liberté des grands espaces, rejoindront la même notion nostalgique de la mère Patrie abandonnée par les immigrants échoués dans la misère de la ville.

Le tango allait y puiser une grande partie de sa symbolique et de son essence, et le nationalisme Argentin une source de spécificité historique et culturelle.

 

Collection D.Lescarret

 

Collection D.Lescarret

 

Collection D.Lescarret

 

Collection D.Lescarret

 

Extraits Bibliographiques :

  • - Los Montoneros - Eduardo Gutierrez / Editions N.Tommasi Buenos Aires 1884

  • - La Pampa - Alfred Ebelot / Paris, éd. Zulma, 1992 (1ère ed. Buenos Aires 1890)

  • - Adios Gauchos - Jean-Louis Febvre / Editions du Gerfaud 1981

  • - Martin Fierro - Jose Hernandez / Editions Sintesis Buenos Aires 1992 / Billingue Espagnol-Anglais

  • - Le Gaucho dans la littérature Argentine / Cahiers du Criccal Presses de la Sorbonne Paris III  1992

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Copyright 2009   Dominique LESCARRET

 

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